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Bulletin ITEKA N° 83 Mars 2006

DEFIS DE L’HEURE

Inondations en commune urbaine de Kanyosha

En dates du 27 et 28 Février 2006, une pluie diluvienne a causé des inondations destructives et mortelles en commune urbaine de Kanyosha. Le bilan est très lourd : plus de 150 maisons détruites, deux personnes tuées et deux autres disparues emportées certainement par les eaux de ruissellement.

Selon les habitants de la localité touchée par la catastrophe, les inondations trouvent origine dans la rivière Nyabugiga située entre les collines de Bihara et de Sagamba. Quand il pleut, cette petite rivière déborde et cause des dégâts.

Les caniveaux et buses qui conduisent les eaux de pluies vers le lac Tanganyika étant tous bouchés, l’eau vadrouille et emporte tout sur son passage : cultures, maisons. Les victimes de la catastrophe se sont retrouvées démunies pour n’avoir rien sauvé.

De nombreux ménages sinistrés ont cherché refuge dans des endroits non secoués par les inondations. Ils demandent à l’autorité publique de se pencher sur leurs problèmes en les aidant à reconstruire les maisons, en leur apportant de la nourriture et en réhabilitant les égouts ou les conduites d’eau bouchées.

Les victimes ont déploré le fait que les députés et d’autres élus de la circonscription ne se sont pas dans l’immédiat préoccupés du sort de leurs électeurs après une si grande épreuve et ne sont pas venus les soutenir.

NK.E Des indigents détenus à l’hôpital Prince Régent Charles

En date du 01 Mars 2006, 42 personnes indigentes étaient détenues à l’Hôpital Prince Régent Charles pour n’avoir pas été capables de payer une facture des soins de santé qui s’élevait en tout à 10.043.393Fbu.

La plus grande facture individuelle était de 1.448.181Fbu et la plus petite de 13.080Fbu. Le détenu le plus âgé avait 74 ans avec une facture de 313.750 Fbu ; un bébé de 7 jours était gardé à l’hôpital pour une facture de 13.698Fbu.

Malgré l’intervention des bienfaiteurs (nombreux l’année passée), la question de l’indigence dans cet hôpital devient de plus en plus insupportable.

Le gouvernement du Burundi est interpellé pour trouver des solutions à ce grand défi.

SITUATION DES DROITS DE L’HOMME

Journée de réflexion sur les instruments de promotion du genre.

En date du 3 mars 2006, l’Observatoire de l’Action Gouvernementale (OAG ) a organisé dans les enceintes du Centre de Perfectionnement et de Formation en cours d’emploi (CPF) une journée de réflexion sur les instruments de promotion du genre.

Au cours de cette journée, 4 thèmes de promotion du genre ont été développés, à savoir : l’analyse critique de la politique nationale genre, l’évaluation de la mise en application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme, l’évaluation de la mise en application du plan d’action de Beijing et évaluation de la mise en application de la résolution 1325 .

Cette journée a été organisée pour répondre à un double objectif, a affirmé Mme Ndikumasabo Annonciate, Secrétaire exécutive de l’OAG qui a ouvert la journée au nom de l’OAG.

Au niveau national d’abord, c’est pour contribuer à la prise en compte de l’intégration de la dimension « genre » dans l’élaboration, l’exécution et le suivi des politiques et des programmes gouvernementaux. Ensuite au niveau international, l’OAG a voulu se joindre aux autres pour préparer la journée internationale de la femme qui se tient le 8 mars de chaque année, a précisé Mme Ndikumasabo.

Les participants à la journée ont en outre constaté qu’ aucun rapport périodique n’est rédigé sur l’application, non seulement de la plate-forme du plan d’action de Beijing, mais aussi sur les différentes conventions internationales ratifiées par le Burundi.

Après l’exposé de ces thèmes, des recommandations ont été formulées :

· Au Gouvernement : rassembler la documentation sur la promotion du genre et la diffuser à un plus large public, élaborer des rapports périodiques sur l’application des textes de lois ratifiés par le Burundi. Il faut qu’il redynamise les points focaux ministériels pour la mise en application des politiques sectorielles Genre et qu’elles soient incluses dans la bonne gouvernance.

· A la femme burundaise : jouer son rôle et faire pression dans la mise en application du plan d’action de Beijing dans son intégralité.

· A la Société civile : intégrer d’abord dans leurs programmes la dimension « genre », ensuite plaider auprès du Gouvernement burundais pour que le plan national genre soit une réalité .

Seconde Minani

Sit in des demandeurs d’asile congolais devant les bureaux du HCR à Bujumbura

Environ 100 congolais composés à majorité de femmes et d’enfants ont fait un sit in pendant quelques jours devant les bureaux du HCR à Bujumbura à partir du 5 Mars 2006. Ils ont fui la guerre entre les rebelles Mai Mai et les militaires du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) d’un côté et les tortures subies de la part des premiers d’un autre côté.

La plupart de ces congolais proviennent de la plaine d’Uvira dans les localités de Rubarika, Ruvungi, Ndorera, Gatogota et Ruberizi.

Un groupe de 17 congolais viennent de la zone de Mwenga dans la collectivité de Buhinyi. Ce groupe appartient à une même famille Bugonde poursuivie, massacrée et exilée par des éléments Mai Mai qui l’accusent d’avoir une souche rwandaise.

Selon un des congolais en sit in M. Mbinganire Mokiri Bugonde, plus de 50 personnes de ladite famille ont été tuées en 2001. Tous ces congolais ont transité en commune Rugombo province Cibitoke. Les conditions de vie intenables les ont contraints de venir en sit in devant les bureaux du HCR à Bujumbura pour réclamer l’assistance. NK.E

Deux agents d’une société de gardiennage maltraitent un docker au port de Bujumbura

Deux agents d’une société de gardiennage en poste au port de Bujumbura ont maltraité un docker travaillant au même endroit nommé Canisius Gahungu dans la soirée de mercredi le 28 Mars 2006 quand il rentrait à son domicile à Buyenzi, 25ème Avenue No19.

Ces agents ont accusé la victime de leur avoir volé des métaux usés qu’ils avaient trouvés dans un champs après défrichage et qu’ils comptaient vendre à ceux qui les exportent en Ouganda pour la refonte par des industries sidérurgiques.

La victime a été grièvement blessée aux deux jambes et à la tête. Elle a également perdu deux dents.

Ces sont des policiers qui étaient aux environs qui l’ont arrachée des griffes de ces agresseurs. D/IM

ACTIVITES DE LA LIGUE ITEKA

Assemblée générale ordinaire de la Ligue ITEKA

La Ligue Iteka a tenu une assemblée générale ordinaire dimanche le 12 mars 2006, pour présenter aux membres le rapport annuel d’activités de l’an 2005 ainsi que le plan opérationnel 2006.

Après la présentation du rapport, les participants ont été informés sur l’état des lieux du respect des droits de l’homme à travers tout le pays. Comme cas de violations, on a cité des cas de viols, des vols à main armée. La famine est également un fait observé dans plusieurs contrées du pays.

D’autres questions qui préoccupent la ligue Iteka sont notamment la question du Palipehutu- Fnl qui continue la guerre et la manière dont le gouvernement la traite.

Le Président de la ligue Iteka a donné des éclaircissements sur une lettre que la Ligue a écrite aux partenaires du Burundi lors de la conférence qu’ils ont tenue à Bujumbura le 28 février 2006. En effet, une partie de l’opinion burundaise l’a mal interprétée parce qu’elle est mal informée sur son contenu.

Cette même opinion serait faussement informée que la Ligue Iteka aurait demandé aux bailleurs de ne pas aider le Burundi. Au contraire, la lettre demandait aux bailleurs qui étaient réunis à Bujumbura d’aider le pays, et demandait également que le Gouvernement burundais respecte les droits de l’homme.

Le Président de la Ligue Iteka s’est aussi exprimé sur la question de l’élargissement des prisonniers dits politiques. La Ligue Iteka condamne les deux ordonnances ministérielles élargissant ces prisonniers, parce qu’elles sont inconstitutionnelles. A cette fin, la ligue Iteka, conjointement avec l’OAG et le FORSC, ont saisi la Cour Constitutionnelle pour qu’elle statue sur le cas. D/ M.I.

SOCIETE CIVILE

Café de presse sur la problématique des prisonniers politiques

La Ligue des Droits de l’homme dans la région des Grands Lacs (LDGL) et la Ligue Iteka ont organisé un café de presse vendredi le 10 mars 2006 sur la problématique des prisonniers politiques au Burundi.

Lors de ce débat, la plupart de participants se sont insurgés contre la libération de plus de 1400 personnes condamnées des différentes maisons de détention du pays.

Pour eux, cette question est d’une importance nationale. Elle ne devrait pas par conséquent être gérée dans la seule cellule gouvernementale. Ils ont remarqué que la mesure d’élargissement des prisonniers politiques n’est prévue nulle part dans la loi burundaise. La question devrait être discutée au niveau de l’Assemblée nationale qui en a les prérogatives.

La ministre de la justice a violé la loi burundaise en prenant la mesure de libération des personnes déjà jugées et condamnées.

M.Christophe Sebudandi, président de l’OAG, a dénoncé l’inconstitutionnalité de la mesure. La décision coulée en force de chose jugée est comme une loi qui, elle-même, ne peut être changée par une ordonnance ministérielle, dit-il. Il a aussi porté à la connaissance des participants et du public que les organisations : OAG, Ligue Iteka et le Forum de la société civile (FORSC) ont déposé une plainte en rapport avec la mesure, à la Cour constitutionnelle de la République du Burundi. NK.E

Mémorandum de la LIgue ITEKA, OAG et FORSC sur la mise en place des mécanismes de justice et de vérité au Burundi

A l’occasion de la visite d’une mission de l’ONU chargée de discuter avec le gouvernement des mécanismes de mise en place de la commission nationale vérité et réconciliation et d’un mécanisme judiciaire, 3 associations de la société civile à savoir la Ligue ITEKA, l’Observatoire de l’action gouvernementale et le Forum pour le renforcement de la société civile ont produit un mémorandum dont le texte est publié in extenso :

I . Considérations préliminaires

1. Dans son ensemble, la population burundaise et la société civile souhaitent la fin de l’impunité qui est une des causes principales de répétition de la violence au Burundi. La lutte contre l’impunité apparaît donc comme une voie obligée pour arriver à une paix durable et à la réconciliation.

L’implication des différents acteurs politiques et militaires dans les crimes du passé a considérablement affaibli la volonté des décideurs politiques successifs d’engager un processus de recherche de la vérité, d’établissement des responsabilités des crimes graves qui ont marqué l’histoire du Burundi en vue de poursuivre leurs auteurs. La persistance de l’impunité constitue un risque majeur qui pourrait empêcher le Burundi de bâtir un Etat de droit et faire basculer le pays dans de nouveaux cycles de violence.

Il importe donc que la communauté internationale et les nations Unies appuient le pays burundais pour renforcer la volonté de ses dirigeants afin d’opérer un changement radical par rapport aux pratiques du passé en mettant en place un mécanisme indépendant de justice et de vérité.

2. Au cours de la transition, les réformes de la justice ainsi que la mise en place des mesures prévues par l’Accord d’Arusha ont connu des lenteurs excessives. En dépit de nombreuses déclarations des autorités post-transition sur la réconciliation, aucun indicateur ne montre une volonté ferme d’instaurer un mécanisme de vérité et de justice réellement indépendant, susceptible de mener une lutte appropriée contre l’impunité et ainsi d’être un canal pour la réconciliation.

3. Le Gouvernement traite la question de façon discrétionnaire, voire dans une totale opacité. Alors qu’elle devrait faire l’objet de larges consultations pour assurer ses chances de succès, la question est traitée uniquement par la délégation gouvernementale et par le Gouvernement. Le contenu du mémorandum gouvernemental est jusqu’ici inconnu de la société civile, alors que la consultation sur des matières aussi importantes pour le Burundi et les Barundi s’avère indispensable.

4. Au moment où les Nations Unies et le Gouvernement du Burundi étaient déjà en concertation pour mettre en place les mécanismes de justice transitionnelle, les mesures d’élargissement massif des prisonniers qualifiés de politiques se comprennent difficilement. Egalement, de nouvelles nominations des magistrats à tous les niveaux ont été opérés montrant une volonté du gouvernement de maintenir un contrôle serré sur le système judiciaire.

L’adoption de la loi organisant le Conseil supérieur de la magistrature et la nomination de ce dernier, avec une prépondérance de personnes nommées par l’exécutif n’augurent d’aucune volonté gouvernementale de favoriser la mise en place d’un système judiciaire réellement indépendant de l’exécutif. Cela soulève des inquiétudes quant à la proposition d’intégrer le double mécanisme de vérité et de justice au sein du système judiciaire burundais.

Considérant tous ces éléments et face à l’impératif de rompre définitivement avec la culture de l’impunité au Burundi, la Ligue Iteka, le Forum pour le renforcement de la société civile et l’Observatoire de l’Action Gouvernementale formulent une série de considérations par rapport à la mise en place du double mécanisme de vérité et de justice actuellement en débat entre le Gouvernement du Burundi et le système des Nations Unies. II. Un mécanisme judiciaire approprié

5. Un débat s’est installé autour de la forme juridique du mécanisme de justice approprié pour le Burundi. Notre proposition est d’analyser la question en fonction des expériences d’autres pays surtout sous l’angle du rapport coût, efficacité et indépendance.

III. Des missions

6. Dans le commun entendement des Nations et dans la logique des choses, une Commission de vérité est un organe non judiciaire à compétence résiduelle par rapport aux mécanismes judiciaires, internes ou internationaux. A cet égard, il faudra éviter le chevauchement de compétences entre les deux mécanismes et clarifier les champs de collaboration. De par sa nature, la commission vérité ne devrait pas être chargée de missions d’ordre judiciaire.

IV. DE LA COMPOSITION.

7. Dans le contexte de crise de confiance et de clivages qui caractérise la société burundaise, et en vue de garantir l’indépendance et l’objectivité du double mécanisme, il est impérieux d’assurer une représentation à dominante internationale aussi bien dans la composition pour la Commission de vérité que pour le mécanisme judiciaire, ainsi que dans les sièges. Il ne peut en être autrement eu égard au contexte du pays.

V. DES GARANTIES D’INDEPENDANCE, D’IMPARTIALITE ET DE COMPETENCE DES MEMBRES.

8. En vue de garantir l’indépendance, l’impartialité et la compétence des membres de l’un ou l’autre mécanisme, la nomination des membres devrait faire l’objet d’un Accord entre le Secrétaire Général des Nations Unies et le Gouvernement du Burundi et non d’une simple consultation.

9. Il devrait être expressément stipulé dans les statuts qu’aucun des deux mécanismes ne recevra d’injonction d’aucun pouvoir politique. Les deux mécanismes devraient aussi être indépendants l’un de l’autre, dans le cas de conflit de compétence éventuel, le mécanisme judiciaire devrait avoir la primauté.

VI. DE LA COMPETENCE.

10. Sur le plan personnel, la compétence du Tribunal spécial se limiterait aux personnes portant la plus grande responsabilité des crimes retenus dans la compétence matérielle. Cette dernière comprendrait le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. D’autres crimes graves comme les violences sexuelles pourraient également être inclus.

Sur le plan temporel, elle serait fixée en tenant compte des paramètres d’efficacité, comme les ressources humaines et financières. Cette compétence devrait en tout état de cause comprendre les crimes commis jusqu’à la date de sa mise en place. Les juridictions nationales devraient être renforcées pour se saisir des cas qui ne tombent pas sous la compétence de la chambre spéciale.

11. En ce qui concerne la Commission de Vérité, sa compétence temporelle serait la plus large possible par rapport au mécanisme judiciaire et porterait sur la période comprise entre la date de l’indépendance et la date de la mise en place effective de la commission en touchant toutefois des dates précises connues de la plupart des Burundais telles que les années 1965, 1969, 1972, 1993 et la période postérieure.

VI. Loi applicable

12. Les crimes commis étant du domaine du droit international, les mécanismes judiciaires accorderaient la primauté aux textes, principe, normes et pratiques internationales en la matière.

VII. DE L’OBLIGATION DE COOPERATION.

13. Les Nations veilleraient à ce que tous Etats répondent à l’obligation de collaborer avec le double mécanisme de vérité et de justice. Sur le plan national, cette obligation de coopération s’imposerait à toutes les institutions, organisations, personnes physiques et morales.

VIII. DES AUTEURS PRESUMES DE CRIMES FACE A L’AMNISTIE ET AUTRES FORMES D’IMPUNITE.

14. Il a déjà été fait état des différentes mesures prises de limiter les poursuites ou de libération des prisonniers qualifiés de politiques par le gouvernement : immunité provisoire, élargissement provisoire, etc.

15. Etant donné le fait que certains auteurs de crimes libérés sont coupables des crimes graves comme le génocide, tel que reconnu par une commission internationale d’enquête des l’ONU, les associations signataires prient le Secrétaire Général de veiller à ce que les crimes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ne soient en aucun cas amnistiés.

XIX DES VICTIMES

16.Le double mécanisme devra tenir impérativement compte des préoccupations et intérêts des victimes notamment en matière de réparation et indemnisation tout au long du processus.

X. DE LA PROTECTION DES TEMOINS.

17. Le Gouvernement du Burundi devrait s’engager à protéger les victimes et les témoins (y compris les prisonniers dits politiques libérés et les auteurs présumés) qui se seront présentés soit devant la Commission de Vérité, soit devant le mécanisme judiciaire.

Les Nations Unies veilleraient à ce que cette mission du gouvernement, de protection des témoins et des victimes, soit accomplie. En cas de nécessité, l’ONU devrait intervenir pour assurer cette protection.

XI. DU FINANCEMENT.

18. Compte tenu de la situation économique et financière précaire que traverse le Burundi, il apparaît aux associations signataires que le financement des activités de la Commission de vérité et du mécanisme judiciaire devrait être fait par un fonds stable et garantissant un fonctionnement optimal des deux mécanismes.

Le financement par le seul Gouvernement burundais serait aléatoire et compromettrait non seulement l’efficacité mais aussi l’indépendance des deux mécanismes. Il semble important de faire un montage permettant de pallier tous ces aléas.

XII. CONCLUSION.

19. Quand, dans un contexte comme celui du Burundi, les composantes de la population font une lecture dichotomique de l’histoire et envisagent des solutions à bien d’égards irréconciliables, l’ONU est le meilleur arbitre. Les associations signataires, soucieuses de porter loin la voix des sans voix, demandent à cette dernière d’agir aussi vite qu’elle le pourrait pour que la commission de vérité et réconciliation ainsi que le mécanisme judiciaire soient mis en place.

Elles lui demandent également de déjouer la manœuvre gouvernementale visant à noyer la justice dans une prétendue politique de réconciliation, et à faire primer par conséquent la commission de vérité sur le mécanisme judiciaire.

20. Fidèles à leurs idéaux, les associations signataires affirment être attachées à la vérité et la réconciliation, mais pas à l’impunité. Ces associations produiront un document comprenant des observations appropriées lorsqu’elles prendront connaissance de la proposition de la délégation gouvernementale.

OPINION

Le phénomène de la délinquance en mairie de Bujumbura Par Jean Bosco Nkurunziza

Certaines études situent les premières manifestations de la délinquance au Burundi au début de l’ère coloniale. Depuis lors, elle n’a cessé de s’amplifier. Néanmoins la délinquance est un phénomène universel se manifestant sous des formes différentes dans toutes les sociétés humaines pour dire que le Burundi traditionnel connaissait des formes de déviance et d’infraction comme le rapporte son histoire.

La délinquance se manifestait sous des formes comme l’inceste, le vol, les injures aux hauts personnages coutumiers, etc. Le métissage culturel à travers la colonisation changera peut- être les formes de manifestations de la délinquance en les accentuant ou en les diversifiant.

Qu’est- ce que la délinquance ?

Etymologiquement, le mot délinquance dérive du latin « delinquere » pour signifier « être en faute ». Dans son acceptation générale, la délinquance est l’ensemble des crimes et délits considérés sur le plan social. Le délinquant est aussi tout individu ayant commis un ou plusieurs délits ou crimes.

Par ailleurs, l’on distingue la délinquance primaire de la délinquance habituelle. Selon les sociologues, le délinquant primaire est un individu qui commet des infractions de façon occasionnelle tandis que celui qui commet régulièrement des infractions est qualifié de délinquant d’habitude

Ici, il est question des infractions graves sinon tous les hommes seraient des délinquants car personne ne peut passer toute sa vie sans commettre une infraction quelconque.

Les infractions étant des faits sociaux et culturels universels, l’on comprend que certains actes sont socialement et/ou juridiquement prohibés dans certaines sociétés ou conseillés dans d’autres. Les actes délinquants varient d’une époque à une autre et les formes de délinquance varient dans le temps et dans l’espace. Néanmoins quoique changeant en fonction des cultures, la délinquance reste un phénomène universel connu dans toutes les sociétés humaines.

Elle est un fait sociologique par son caractère massif dans certaines tranches d’âge (délinquance juvénile), dans certains environnements (ville, campagne) comme conséquence et indice du mauvais fonctionnement de certains éléments de base de la vie sociale : famille, habitat, chômage, etc.

Les sociologues relèvent les facteurs de la délinquance :

-   renouvellement rapide de la population ;
-   haut niveau des diverses formes de rupture et des conflits ; sociaux (minorités ethniques, familles désunies, alcoolisme) ;
-   importance de l’environnement humain ;
-   importance des organisations de jeunes.

S’agissant particulièrement des organisations de jeunes, le délinquant se sent en puissance. On y apprend à devenir délinquant et à s’en glorifier.

Signalons à toutes fins utiles que tout individus « normal » est qualifié de délinquant à partir du moment où il est supposé être assez grand et mûr pour ne pas commettre délibérément des infractions et qui les commet pourtant.

Quelles sont les causes de la délinquance en mairie de Bujumbura ?

Les études faites en la matière ont mis en évidence des causes tenant aux mécanismes fonctionnels de la communauté urbaine. En effet, les causes de la délinquance en mairie de Bujumbura sont endogènes et exogènes incitant d’individu à tomber dans la négligence des codes, des lois et des mœurs en vigueur.

S’agissant des causes endogènes, il est relevé : les tendances caractérielles, le manque de valeurs morales attachant l’individu aux valeurs morales traditionnelles, le manque du respect de la loi, des biens d’autrui, de la personne d’autrui quant à sa vie et à sa dignité.

Parmi les causes exogènes de la délinquance, l’on cite l’acculturation, la souplesse des moeurs, la vulnérabilité des traditions morales, la promiscuité, l’impuissance de la justice face à l’impunité des crimes et délits, la défectuosité familiale, les échecs scolaires etc.

Quels sont les types de délinquances en mairie de Bujumbura ?

Les délinquants en Mairie de Bujumbura sont de plusieurs types en témoigne à titre exemplatif la présentation à la presse d’environ 180 personnes en date du 2 Février 2006.

En effet, la police de sécurité intérieure à travers son commissariat de la première région a présenté à peu près 180 personnes dont une vingtaine de femmes quelques unes avec des bébés.

Ces personnes étaient poursuivies pour des crimes comme : assassinat, meurtre, faux et usage de faux, vol qualifié et vol à main armée, participation aux bandes armées, viol et attentat à la pudeur, trafic et usage des stupéfiants, inceste (voir ABP info n° 3895).

En ville, le phénomène le plus répandu est celui des voleurs. Parmi eux il y a des voleurs de petits objets, des voleurs nocturnes dans les maisons, des organisations de bandits. Les organisations de bandits sèment la terreur ces derniers jours. Elles tuent souvent les victimes de leurs forfaits. Cette situation est amplifiée par des armes à feu qui pullulent en mairie de Bujumbura. Ils sont les délinquants les plus dangereux. Outre ce ceux-là, il y a d’autres types de délinquants non moins dangereux.

-  Les délinquants-mendiants : parmi eux, on distingue deux catégories de mendicité.

D’une part la mendicité des invalides ou infirmes physiques inaptes au travail manuel et intellectuel et d’autre part la mendicité des enfants physiquement valides et même des adultes inventant une histoire centrée sur le divorce, le déplacement, l’hospitalisation d’un proche comme moyen de pression morale sur les passants. Cette dernière catégorie mène une vie de parasitisme plus néfaste que celle de la première car pratiquant une mendicité « professionnelle » pour entretenir leurs ménages.

-  Les délinquants-vagabonds. Cette catégorie de délinquants, selon les termes du code pénal, comprend des jeunes non encadrés provenant surtout de l’intérieur du pays. Les effectifs augmenteraient en fonction des saisons. Les périodes de crises alimentaires accentuent l’exode rural. Ne trouvant pas d’emploi, ces jeunes s’adonnent à la délinquance, à l’errance. Ils quittent des emplois domestiques qui sont à leur portée soit pour conduire un taxi-vélo soit pour vendre de petits articles en main, etc. Ne pouvant pas subvenir à leurs besoins, ils sont acculés à voler où à commettre d’autres infractions sous l’emprise du désespoir ou de la frustration.

-  Les délinquants aide- convoyeurs de véhicule de transport en commun. Ceux-ci rivalisent d’ardeur dans la consommation des stupéfiants avec toutes les conséquences que cela engendre sur la vie sociale.

-  Les délinquantes prostituées constituent une forme de délinquance féminine la plus répandue en ville de Bujumbura quoique légalement interdite au Burundi. Cette forme de délinquance s’est surtout amplifiée avec l’arrivée des étrangers profitant de la misère que vivent les femmes burundaises. Ici et là, il y a des maisons de prostitution, des points de ramassage des prostituées, des facilitateurs de la prostitution (commissionnaires).

-  Les délinquants en col blanc se recrutent parmi les enfants issus de certaines familles aisées et s’ordonnent à la consommation de l’alcool et des stupéfiants. Ils sont qualifiés ainsi parce qu’ ils se distinguent des autres par des traits extérieurs comme l’accoutrement. Cette catégorie comprend également des hommes menant une vie socio-économique aisée mais commettant des infractions graves. C’est une délinquance camouflée, en col blanc.

On peut également ranger les « commissionnaires » dans cette catégorie. Parmi eux, il y en a qui mentent à longueur de journée, qu’ils sont au courant d’une maison ou plusieurs dans tel ou tel quartier pour exploiter la naïveté des personnes nécessiteuses des maisons à louer. En plus, ils s’impliquent beaucoup dans la vente des objets volés ici et là surtout les téléphones mobiles.

Parmi eux, il y en a qui sont bien habillés à telle enseigne qu’on ne puisse pas dévoiler leur caractère mensonger. Tels sont les types de délinquance en Mairie de Bujumbura présentés succinctement sans exhaustivité.

En définitive, l’amplification du phénomène de la délinquance en Mairie de Bujumbura tiendrait à la paupérisation de la population urbaine et au climat d’impunité qui règne au Burundi en général et en Mairie de Bujumbura en particulier. La justice devrait se ressaisir pour lutter énergiquement et efficacement contre ce fléau en vue d’en limiter au strict minimum les dégâts. Sinon la délinquance étant un fait social, la justice ne ferait que réduire ses méfaits socio-économiques pour la concorde sociale caractérisée par le respect des droits de l’homme,gage de l’édification d’un état de droit au Burundi.

Jean Bosco Nkurunziza

LA CONSOMMATION DE DROGUES EST UNE TRISTE REALITE AU BURUNDI. Par Ernest Nkurunziza

Le Burundi n’est pas à l’abri de l’épidémie de violences et de souffrances causées par l’abus et le trafic illicite des drogues. Beaucoup de personnes se laissent tenter et séduire par la drogue qui, finalement, les détruit.

Le problème lié à la consommation de drogue ne se pose pas seulement au niveau de la rue, il atteint les foyers, les lieux de travail, les établissements d’enseignement, etc. Au Burundi, l’on voit des jeunes élèves, des jeunes dans les quartiers et même des adultes instruits qui s’adonnent à la consommation de la drogue. Les conséquences de cette situation ne sont pas moindres.

A part la destruction mortelle que la drogue entraîne chez son amateur, elle détruit la famille et entraîne des malaises sociales et familiales. Les familles des drogués en savent mieux. Elles vivent, en effet, quotidiennement des situations de calvaire que nul ne peut souhaiter .

Au niveau économique, le traitement des personnes droguées coûte cher. En plus, les toxicomanes utilisent des sommes importantes d’argent pour se procurer la drogue.

Ne parvenant pas à se trouver cet argent, ils sont obligés de voler ou de se livrer à la prostitution. La paupérisation, la sous-alimentation, les mauvaises conditions d’existence, l’analphabétisme, les conflits sociaux , les déplacements des populations et une foule d’autres bouleversements sociaux constituent certains des facteurs qui augmentent le nombre de demandeurs de drogues.

Au lendemain d’une guerre impitoyable et compte tenu des mauvaises conditions que vivent la plupart de Burundais, le Gouvernement a eu raison de mettre en place une police anti- corruption qui, déjà enregistre des résultats positifs quant à la saisie des quantités importantes de drogues et de l’arrestation de certains consommateurs !

Définition du concept « drogue ».

La drogue est un terme couvrant un ensemble de substances généralement illicites et consommés pour leurs effets psychotropes c’est-à-dire qui modifient l’esprit et /ou la volonté et/ou le jugement ; et qui créent parfois une dépendance appelée aussi addiction. Généralement, seules les substances psychotropes prohibées par la plupart des pays du monde sont appelées « drogues ». L’alcool, le tabac et les médicaments psychotropes étant considérés séparément.

Le terme était utilisé à l’origine pour désigner les plantes exotiques ( épices pharmaceutiques ou autres ) séchées pour la consommation. Depuis, le sens a varié pour s’appliquer aux médicaments, où pour désigner les psychotropes voire, lorsque l’on parle du trafic de drogue, uniquement les psychotropes illégaux.

Le terme de drogue douce est un terme qui s’emploie surtout par opposition au terme drogue dure et qui désigne presque exclusivement le cannabis du fait qu’il induit une dépendance psychique moyenne et que le risque de décès est quasi nul. Néanmoins, certains décès peuvent être indirectement lié à la consommation de drogue douce par exemple un accident de la route.

Le terme de drogue licite est un terme qui s’emploie surtout par opposition au terme drogue illicite principalement pour désigner les substances psychotropes autorisées à la vente comme l’alcool, le tabac ou le café. La drogue illicite est un terme qui s’emploie surtout par opposition au terme drogue licite pour désigner des substances psychotropes non autorisées à la vente comme le cannabis ou le chanvre indien.

Les implications sociales des drogues.

La consommation de psychotropes est un phénomène dont on retrouve les traces dans toutes les sociétés. La manière de vivre des individus, sur le plan physique, mental, social et matériel, est fortement liée à leurs désirs, leurs besoins, leurs ambitions et leurs objectifs. Il y a dans l’être humain un instinct naturel qui le pousse à fuir tout le milieu qui lui est pénible , qu’il s’agisse du cadre familial immédiat ou de la société de manière plus large. Si aucune solution acceptable ne peut être trouvée, l’homme cherchera un moyen d’évasion et dans de nombreux cas, ce sera par le recours aux drogues.

Pour certains consommateurs, la prise de drogue s’inscrit dans un mode de vie hédoniste, antisocial adopté préalablement à leur initiation aux drogues, la recherche du plaisir physique étant le fondement ou le but de la vie. Toutefois, la consommation de drogue s’inscrit le plus souvent dans un contexte de malaise social, de crise des valeurs, d’inégalité de chances et d’individualisme. Sur le plan individuel, l’abus de drogue est lié aux facteurs de risque et indice de protection propre au sujet.

Ces facteurs se rattachent à des caractéristiques biologiques et psychosociales : traits de caractère, modes de comportement, antécédents familiaux, niveau d’éducation, milieu général ( école, pression des pairs ) et milieu direct ( apologie et disponibilité des drogues ), normes culturelles, circonstances économiques, désagrégation de la collectivité et la marginalisation sociale.

L’abus de drogue porte atteinte au tissu familial, communautaire et social.

Le traitement et la réadaptation des toxicomanes sont d’un coût élevé pour la société. Les toxicomanes, pour se procurer les moyens d’acheter des drogues, commettent souvent des infractions telles voler l’argent ou la nourriture à leurs familles ou à d’autres personnes, dérober des biens publics ou privés et se livrer à la prostitution pour trouver des sommes quotidiennement nécessaires à l’achat du produit.

La consommation de drogue conduit souvent à une perte de repères, à une désocialisation avec la reconstruction d’un mode de vie en grande partie fictif dans lequel la drogue prend la première place. Les récits des drogués confirment cette perte de réalité qui accompagne l’usage prolongé de drogues dures.

La Consommation, la Culture et le Trafic de Drogue au Burundi.

Le Burundi n’est pas à l’abri de la culture, le trafic et la consommation des drogues. La drogue la plus consommée est le cannabis, une drogue dite douce mais aux conséquences non négligeables.

La drogue est consommée sous plusieurs formes : forme d’herbe fumée, forme de comprimés ingérés, forme de poudre inhalée, forme d’injections. Les boissons prohibées telles « rutuku », « umudrink »consommées dans certains endroits du pays sont également des drogues.

Le cannabis est cultivé dans presque tous les coins du pays. Des champs de cannabis sont découverts surtout dans les forêts notamment de la KIBIRA. On trouve également des cultures de drogue dans beaucoup d’autres endroits du pays. De petites plantations de chanvre sont cachées dans des champs familiaux sans que des gens s’en rendent compte.

Les propriétaires de ces plantations vendent leurs récoltes et obtiennent souvent des sommes importantes d’argent. Les acheteurs des récoltes de cannabis sont nombreux au Burundi. En témoignent des quantités énormes qui sont saisies par la police antidrogue récemment mise en place.

A titre d’exemple, pour la seule journée du 14 octobre 2005, la police antidrogue a saisi 9 sacs d’herbes de cannabis de presque 50 Kg par sac. En date du 20 Février 2006, plus de 8 sacs de chanvre ont également été saisis. De novembre 2005 à Février 2006, plus de 200 personnes ont été attrapées en flagrant délits entrain de consommer le cannabis ou de le commercialiser dans différents quartiers de la Mairie de Bujumbura.

En général, la drogue est commercialisé au Burundi sous forme de boules, de comprimés, de produits injectables et sous forme de poudre. Des quantités énormes ont été saisies par la police et conservés dans les tiroirs. Plus de 2000 boules de cannabis ont été saisis par la police judiciaire de la Mairie depuis le mois de janvier 2006.

En date du 1er Mars 2006, un groupe de 3 élèves de 9ème année de l’Ecole Internationale de Bujumbura ont été appréhendés en train de consommer la drogue à l’Ecole. On les a surpris en train de prendre des comprimés derrière les salles de classe. Ces élèves avaient des quantités importantes de comprimés dans leurs poches. Ils ont déclaré les avoir obtenus de la part d’un homme marié, père de 8 enfants, habitant en commune urbaine de Buyenzi.

Des trafiquants de drogues sont souvent appréhendés à l’Aéroport Internationale de Bujumbura. Des Burundais se seraient bien enrichis grâce au trafic illicite de drogue à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

D’après le chef de service antidrogue de la police judiciaire, l’officier de police principale (OPP2) NDIKURIYO Jean, il existe des milieux criminogènes suspects en Marie de Bujumbura. C’est notamment le long du Lac Tanganyika, tout autour des marchés, dans les vallées, les ligalas, dans les ports et Hôtels, à l’Aéroport, ....Chaque quartier de la Mairie dispose d’un coin reconnu et qui inspire même peur aux habitants. Les délinquants s’y donnent rendez-vous les jours comme les nuits.

Des jeunes adolescents sont régulièrement appréhendés à Bujumbura. Et la plupart des fois, ce sont les enfants qui souffrent du SIDA et dont les parents sont morts ; les enfants traumatisés par leurs parents ou leurs éducateurs mais aussi des enfants des milieux aisés.

Les adultes appréhendés sont en général des personnes affectées physiquement et psychologiquement par la consommation excessive de drogue et qui méritent plus des services de désintoxication que des cachots ou des prisons, constate notre interlocuteur.

Celui-ci renchérit en mentionnant que certaines personnes abandonnent la drogue par peur des poursuites et des répressions policières après avoir passé quelques jours dans les cachots.

L’Officier de Policier Principale M.Dismas NTAKIBIRORA de l’unité de police antidrogue remarque à son tour que beaucoup d’autres cas de consommation et de trafic de drogues échappent à la vigilance du service antidrogue compte tenu des contraintes liées à l’absence de moyens indispensables pour la réussite de cette mission suffisamment délicate.

Contraintes du service antidrogue burundais

Le service antidrogue Burundais souffre d’un manque criant de moyens de travail. Il n’a ni moyens de communication et de déplacement, ni l’équipement nécessaire et indispensable pour faire correctement son travail. Il dispose même d’un personnel insuffisant . Le travail de surveillance de la consommation, la production et le trafic de drogue étant très délicat, il demande une vigilance permanente.

Non seulement il faut procéder à la filature des délinquants, il faut aussi avoir les équipements indispensables pour détecter les produits saisis. La police judiciaire, saisit souvent des produits qu’elle ne parvient pas à détecter. Les mallettes de détection ont été abîmés. Cette difficulté de prouver un produit profite aux délinquants qui sont par la suite relâchés.

Conclusion

Pour résoudre le problème des drogues au Burundi, les mesures policières restent très insuffisantes. En effet, les pouvoirs publics et privés doivent prendre des mesures préventives et thérapeutiques ainsi que des mesures de réadaptation et de réintégrations sociales des sujets pharmacodépendants.

Il faudrait notamment :

Modifier les facteurs sociaux défavorables susceptibles de conduire à l’utilisation illicite des drogues.

Prendre des mesures visant à informer pour inspirer la crainte, la peur des conséquences et pour détourner les sujets qui voudraient bien essayer la drogue, la poursuivre ou développer un état d’esprit qui favorisera la prophylaxie et découragera le recours aux drogues.

Le manque d’information sur les dangers de la drogue, l’état de santé déficient, l’insatisfaction quant à la qualité de la vie, une personnalité médiocrement intégrée, un environnement défavorable et la facilité de se procurer facilement des substances engendrant la dépendance constituent des facteurs de risque pour consommer la drogue ou les stupéfiants.

Les risques pour devenir pharmacodépendant sont faibles pour les sujets avertis, bien portant, bien intégré, qui n’ont que peu accès aux drogues et qui vivent dans les conditions favorables :

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