La lutte contre les violences faites aux jeunes filles nécessite l’engagement de tout le monde
GITEGA, 30 nov (ABP) - L’ampleur des violences faites aux jeunes filles en milieu scolaire est une triste réalité dans les provinces du Centre-Est (Gitega, Mwaro, Ruyigi et Cankuzo) au vu des nombreux cas d’abandons scolaires des jeunes filles enceintes dues à des grossesses non désirées aussi bien au primaire qu’au secondaire.
Ce constat amer a été dégagé mercredi le 29 novembre 2007 à Gitega lors d’une table ronde sur les violences faites aux jeunes filles en milieu scolaire, organisée par le bureau intégré des droits de l’homme Gitega dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes.
La table ronde avait associé des représentants de l’administration, de l’éducation, de la justice et de la société civile. Les données chiffrées qui ont été relevées l’année 2006-2007 sur des cas d’abandons scolaires des filles scolarisées par l’inspecteur régional de l’enseignement secondaire au Centre-Est du pays, M. Tharcisse Ndikumasabo, montrent que la situation est inquiétante et nécessite l’engagement de tout le monde face à ce fléau.
Certes, tous les cas des filles scolarisées engrossées ne signifient pas nécessairement des violences, mais la plupart sont des mineures et par conséquent subissent l’une ou l’autre forme de violences, ont souligné les participants.
Ainsi, la province Ruyigi a enregistré un plus grand nombre d’abandons scolaires des filles engrossées s’élevant à 91 cas dont 63 élèves du secondaire et 28 cas au primaire.
De sa part, la province Gitega a relevé 16 cas d’abandons scolaires liés aux grosses non désirées dans les écoles secondaires. De ces cas, 87,5% sont ceux des collèges communaux et 12,5% des écoles secondaires publiques.
La province Cankuzo a dénombré 16 cas de déperditions scolaires causées par des grossesses dont 14 du secondaire et deux du primaire.75% sont enregistrés dans les collèges communaux, 12,5% à l’enseignement secondaire public et 12,5% au primaire, a poursuivi l’inspecteur régional.
Pour la province Mwaro, on a relevé cinq cas dont 60% pour les écoles secondaires publiques et 40% pour les collèges communaux.
En général, les causes de ces cas de grossesses des filles scolarisées sont multiples, mais les participants ont notamment soulevé des harcèlements sexuels par les enseignants et d’autres hommes généralement adultes, l’éloignement de l’école par rapport aux domiciles, la dégradation de l’encadrement familial et scolaire, le manque de moralité et la pauvreté.
Face à cette situation, les participants ont déploré les lacunes de la législation qui semble être souple vis-à-vis des auteurs des viols sexuels. Par contre, le règlement scolaire se révèle rigoureux vis-à-vis des filles engrossées (pourtant victimes des violences) qui doivent être définitivement renvoyées de l’école. Elles perdent ainsi leur droit à la scolarité avec le risque de rater le reste de leurs vies.
Ces cas de violences qui constituent des exemples parlant (sur une multitude d’autres) interpellent ainsi l’implication des différents acteurs en l’occurrence les éducateurs, les responsables administratifs, les hommes et les femmes de la loi en faveur des actions concrètes d’éradication, ont recommandé les participants.
Parmi ces actions à initier, ils ont notamment proposé d’actualiser les procédures de répression des violences sexuelles, de mettre en place une législation scolaire capable de protéger les écoliers et les élèves contre des abus sexuels en créant notamment des centres d’écoute des victimes et d’instaurer dans les écoles une éducation sur la santé reproductive.
source : abp