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Le Procès Kassy Manlan enfin mis en délibéré, Mme Sophie Buyoya fait faire indirectement la réouverture des débats.

Alors qu’en date du 7 février 2005, la cour d’appel de Bujumbura mettait en délibéré le procès Kassy Manlan, Mme Sophie Buyoya a réveillé les « démons » endormis en déposant une plainte auprès du procureur général de la République contre Me Bernard Maingain, avocat de la partie civile dans cette affaire. 

Dans sa lettre du 8 février 2005, Mme Sophie Buyoya, au nom du couple présidentiel, écrit au Procureur Général de la République dans ces termes : 

A Monsieur le Procureur Général de la République A BUJUMBURA   Monsieur le Procureur Général,  Nous avons l’honneur de déposer plainte entre vos mains contre Maître Bernard MAINGAIN pour imputation dommageable (art. 178 du Code Pénal). En effet, en date du 27 janvier 2OO5,Maître Bernard MAINGAIN a articulé à notre endroit, publiquement et méchamment, de fausses accusations d’une extrême gravité sans en fournir la moindre preuve. Dans un premier temps, il a formulé des accusations calomnieuses en audience publique à la Cour d’Appel de Bujumbura, au moment où il présentait sa plaidoirie dans l’affaire Kassy Manlan. Dans un second temps, il a tenu le même jour une conférence de presse au cours de laquelle il a renouvelé et renforcé les mêmes accusations gratuites, en sortant manifestement de son rôle d’avocat.Comme vous étiez personnellement à l’audience précitée, vous avez eu l’occasion de prendre connaissance des imputations dommageables et de la dénonciation calomnieuse dont il s’est rendu coupable à notre égard. Nous vous prions donc instamment d’ouvrir un dossier pénal à charge de cet avocat sur pied des articles 178 et 181 du Code Pénal et d’exiger de l’intéressé la fourniture des preuves qui soutiennent ces allégations mensongères. Nous vous serions gré de faire diligence pour que la vérité soit établie et que nous puissions sans plus tarder intenter une action en dommages intérêts à Maître Bernard MAINGAIN.   Pour le Président Pierre BUYOYA Et son épouse Madame Sophie BUYOYA   Pour ne pas se révéler faux, les propos de Bernard MAINGAIN doivent être étayés de preuves convaincantes démontrant comment le couple présidentiel a trempé dans l’assassinat du Professeur Manlan. 

Vous vous souviendrez que Me MAINGAIN, aux termes de sa plaidoirie au profit de la partie civile, a demandé à la cour et au Procureur Général de la République, d’examiner l’ex Président Buyoya et son épouse pour voir s’ils ne seraient pas les commanditaires de l’assassinat du représentant de l’OMS au Burundi. 

Dans cette affaire où la pièce maîtresse du déroulement du crime reste Nuni Martin, prévenu et témoin de l’assassinat de Manlan, plusieurs constances ont été relevées en des audiences différentes. Il s’agit de la double cabine utilisée pour le transport du corps qui a été jeté au large du lac Tanganyika, le tee shirt blanc et une culotte bleu Nike dont Kassy était habillé lors de son assassinat, et qui ont été retrouvés vêtus par le corps du défunt.

Il s’agit encore des trois pistolets utilisés par les bourreaux ,tels qu’évoqués par Martin et dont l’enquête policière a confirmé l’existence dans l’histoire de l’arsenal de la Police de Sécurité Publique. Nuni Martin, l’un des deux prévenus témoins qui n’ont pas comparu à la cour jusqu’à la fin des débats ,est le seul prévenu qui a plaidé coupable tout le long du procès. Ce détenu qui avait été condamné à 8 ans de prison ferme aurait été recruté par commandant Manisha, selon les propre propos de Nuni, pour qu’ils arrêtent et tuent Dr. Kassy Manlan.

En plaidant coupable Nuni Martin confirme davantage les arguments à charge du Ministère Public, ce qui rendrait faible la défense des prévenus impliqués au premier plan de cet assassinat. Les juges de la cour, dans leur charge de rendre justice, auront en effet à donner une réponse aux différentes questions du public qui a toujours répondu nombreux aux audiences : En effet, que dire de Mugenzi Parfait et Nkurunziza Dieudonné dont le rôle est primordial dans l’assassinat de Manlan et dans l’accusation de la défense, mais qui n’ont jamais comparu alors que le Ministère publique, représenté par le Procureur Général de la République, avait assuré leur comparution parce qu’il les avait libérés provisoirement pour assurer leur sécurité, disait-il.Que dire aussi de Ninja assassiné dans les conditions quasi similaires que celles dans lesquelles Dr. Manlan a été assassiné.

Commissionnaire dans le recrutement des bourreaux, Ninja aurait disparu alors qu’il allait récupérer son butin après service fait, selon une première thèse.Selon une deuxième, Ninja se serait fait assassiner par une position militaire installée à cette fin, (ce qu’on a appelé planque en terme militaire consacré), les auteurs du meurtre le faisant passer pour un voleur. La cour aura également à s’interroger sur l’arme du crime. L’arme contondante trouvée au domicile du défunt, un antivol , aurait servi pour abattre le malheureux sans défense, et il aurait succombé au troisième coup. 

Cette arme, répliquera l’avocat de la défense, Me Caritas, qui a été retenue comme arme du crime, aurait dû être soigneusement mise en examen pour détecter si l’empreinte digitale est celle même reconnue identique à celle du tueur. C’est donc autant de questions auxquelles les juges de la cour devraient essayer d’apporter des réponses. D/NN

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