Le secteur de l’éducation au Burundi fait face à des grèves répétitives des enseignants qui réclament sans cesse de meilleures conditions de travail. Les gouvernements qui se sont succédés ont toujours voulu politiser les revendications syndicales au lieu de trouver des solutions durables.
Au Burundi, toutes les années scolaires sont perturbés ces derniers temps par des arrêts répétitifs de travail et ceux -ci bouleversent le rythme de travail des apprenants qui, à leur tour, perdraient de plus en plus le goût de l’école, la confiance et le respect des autorités scolaires et des enseignants.
Dans certaines écoles de la capitale, des scènes de violences contre les policiers sont déjà enregistrées.Les élèves refusent la présence des policiers à l’école.Ils s’insurgent contre des surveillants inéxpérimentés qui se présentent successivement dans leurs salles de cours.
La grève que viennent de déclencher les syndicats du secteur de l’enseignement en date du 8 mars 2010 est entrain d’être gérée d’une manière que ni les élèves, ni leurs parents ne trouvent pas honnête et responsable. Les temoignages recueillies ici et là révèlent en effet un mécontentement généralisé et des critiques négatives à l’égard de certaines autorités scolaires qui politisent la revendication syndicale et qui vont jusqu’au mépris des principes pédagogiques les plus élémentaires de l’éducation, à la banalisation et au dénigrement du métier d’enseignement. Dans certaines écoles du pays, ce sont des cuisiniers, des secrétaires de direction, des plantons et des personnes inconnues qui servent et surveillent les examens...Plus grave encore, des directeurs fairaient eux-mêmes le choix des questionnaires d’examens qu’ils distribuent aux élèves à l’insu des titulaires des cours.
Au moment où les syndicats disent que 85 pour cent des enseignants sont en grève, le Gouvernement affirme que le même pourcentage des enseignants est au service et prend des mesures de répression pour frapper fort aux grévistes. Le gouvernement reconnaît néanmoins la dette qu’il doit à ces derniers.
Sur l’argument qu’il n’y a pas de fonds, les syndicats se plaignent que le Gouvernement du Burundi réserve des indemnités de fin de mandat aux dignitaires et fait des augmentations de salaires dans d’autres secteurs notamment dans les secteurs de la santé , de la police et de l’armée alors qu’il cumule des dettes envers les fonctionnaires de l’Etat parmi lesquels les enseignants représentent plus de 65 pour cent.
Rapellons que des incompréhensions relatives au payement des arriérés des salaires des années 2007 et 2008-car 2009 a été payé à la fin de cette année passée- sont principalement à l’origine de la pésente grève qui va très bientôt durer deux semaines.L’application tardive du statut des fonctionnaires est à la base de l’accumulation des arriérés de salaires des fonctionnaires.Signé en date 23 août 2007,l’application effective du nouveau Statut Général des fonctionnaires devrait commencer à partir du premier janvier 2007.