Les journalistes des radios indépendantes ne cessent d’être interpellés par la justice au Burundi.D’après certains analystes bien avisés, ces interpellations auraient des intentions qui iraient dans le sens d’intimider et ainsi d’empêcher ces combattants de la liberté à ne pas évoquer.
Les rédacteurs en chef des radios indépendantes RPA, Bonesha FM et Isanganiro respectivement Bob Rugurika, Patrick Nduwimana et Patrick Mitabaro ont comparu ce mardi 8 novembre 2011 devant le parquet en mairie de Bujumbura.
Le motif de leurs comparutions concerne la diffusion d’informations relatives au carnage de Gatumba en commune de Mutimbuzi, province de Bujumbura, qui a emporté au moins 39 personnes tuées à bout portant par des criminels sans scrupules en date du 18 septembre 2011 dans un bar dénommé " Chez les amis".
Patrick Mitabaro n’a pas pu être auditionné, il s’est heurté à sa surprise à une barrière policière qui l’a empêché d’avoir accès aux bureaux. Il a été contraint de rentrer pour comparaitre le lendemain avec les mêmes raisons d’interrogatoire.
Les trois radios ont en effet diffusé des témoignages des présumés auteurs du crime de Gatumba qui sont détenus dans des maisons d’arrêt pour raison d’enquêtes judiciaires.
Signalons qu’à la veille de ces événements malheureux de Gatumba, le Gouvernement du Burundi avait interdit aux medias de ne pas commenter et de ne émettre une moindre analyse sur ces événements avant la production du rapport d’enquête qui devrait sortir endéans un mois et qui a effectivement été transmis au Parquet par une commission mis en place à cet effet.
Le président de l’Observatoire de la presse burundaise Innocent Muhozi recommande une collaboration étroite entre la presse et le Gouvernement du Burundi pour la recherche de la vérité sur ces massacres. Il déclare que rechercher à vouloir occulter ou manipuler la vérité créerait effectivement des problèmes entre les deux parties. Celles-ci, déclare-t-il, s’entendront si toutes les deux auront la même motivation de rechercher la vérité pour trouver les véritables auteurs des crimes ignobles et inacceptables de Gatumba.
Quant au Président du Forum pour le renforcement de la société civile Pacifique Nininahazwe, le contenu du rapport sur ce massacre qui impliquerait la participation de certains agents de forces de sécurité burundaise, devrait être rendu publique pour que les auteurs soient appréhendés et punis conformément à la loi.
Pour lui, il est aussi impératif que des enquêtes soient menées dans les plus brefs délais sur la fouille perquisition opérée par la police à l’Université du Burundi, qui a emporté deux étudiants ( nous en avons fait mention sur ce site).