Ce rapport précise que l’opinion nationale et internationale a été choquée depuis la fin de l’année 2010 et pendant presque toute l’année de 2011 par la multiplication des cas d’exécutions extrajudiciaires commis par des agents de sécurité burundais qui sont restés impunis.
Et aussi des attaques des personnes en uniformes et armées sur des positions de police et de l’armée, des attaques qui duraient souvent plusieurs heures et qui emportaient malheureusement des vies humaines.
Il y a eu tout un débat pendant cette période sur une probable naissance d’une rébellion suite à ces crimes qui étaient consommés à grande échelle et l’eau aura débordé la vase lorsque 39 personnes furent tuées à Gatumba selon cette ligue de droits de l’homme.
Selon ce rapport, 392 personnes ont été tuées dont 39 dans une attaque mystère qui a eu lieu sur des civils tranquilles dans un bar en commune Mutimbuzi, zone Gatumba sont enregistrées en 2011.
La police avait tué deux étudiants et blessé une quinzaine d’étudiants au Campus Universitaire de Mutanga en date du 17 octobre 2011 mais les commanditaires n’ont jamais été poursuivis.
Le rapport dresse u bilan de 42 cas de personnes torturées, de 251 personnes victimes d’arrestations, détentions illégales et arbitraires, de 734 cas de viols dont les auteurs se comptent à plus de 80% des civils et 20 % des inconnus et de 991 cas de violences domestiques, un chiffre qui ne traduit pas la situation réelle.
La ligue Iteka s’inquiète de l’absence de l’indépendance de la magistrature, de la situation carcérale débordante et de la violation grave des libertés publiques au Burundi.
Ce rapport précise aussi le favoritisme dans l’accès aux réunions publiques pour les partis politiques. Selon ce rapport, les partis politiques qui collaborent avec le pouvoir avaient facilement la permission de tenir les réunions mais l’opposition politique ont eu difficilement accès à tenir des réunions publiquement.
La ligue Iteka rapporte une situation problématique et lamentable dans laquelle se trouvent des catégories de personnes notamment les Batwa, les rapatriés, les femmes rurales et les déplacés de guerre et interpelle l’Etat à protéger efficacement ces personnes.
Elle parle également de la pauvreté des burundais qui atteint un seuil inacceptable, de la vie chère au Burundi compte tenu de la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité mais aussi de la problématique des conflits fonciers malgré l’existence d’une nouvelle loi foncière qui prône fermement pour la sécurisation définitive des terres.
Ainsi, le Rapport dresse une série de recommandations en demandant au Gouvernement du Burundi de tout mettre en ouvre pour qu’il n’y ait plus de rébellion au Burundi en instaurant des cadres de dialogue et de résolution pacifique des différents en vue de consolider la paix et la sécurité sur le territoire burundais. Le gouvernement doit aussi combattre l’impunité des crimes quels qu’en soient les auteurs, et ceux-ci doivent être traduits devant les juridictions compétentes. Il importe aussi de garantir l’exercice des libertés publiques notamment la liberté d’opinion, la liberté d’expression, les libertés politiques et permettre à tout le monde de jouir équitablement de la liberté de manifestation, mais surtout mettre fin au harcèlement et aux menaces dirigées à l’endroit des journalistes et des militants des droits de l’Homme et anticorruption.
Au Parlement du Burundi, la Ligue Iteka lui demande d’exiger des comptes au Gouvernement du Burundi en assurant un contrôle effectif des actions du Gouvernement. Le Parlement devrait ainsi être à l’écoute des défenseurs des droits humains et enquêter sur les allégations qui pèsent sur certains représentants des pouvoirs publics.
Quant aux partis politiques, la Ligue Iteka attend d’eux d’éduquer le peuple et éviter des comportements de division de toute nature, mais aussi d’inculquer les valeurs démocratiques de tolérance et d’équité aux militants. Le Rapport demande aux organisations de la société civile de continuer à être des chiens de garde vis-à-vis du respect des droits de l’Homme, de la démocratie et de la gestion saine de la chose publique. La Société Civile doit aussi, aux yeux de la Ligue Iteka, s’organiser en synergie pour agir efficacement et réussir ensemble leur mission. Enfin, le Rapport fait un clin d’ oil à la population pour qu’elle sache réclamer le respect de ses droits et accomplir les devoirs civiques, sans oublier d’exiger des comptes auprès des dirigeants et des élus.
L’Etat devrait entamer le dialogue et surtout accepter le débat contradictoire.
Ce rapport a été a rendu public ce jeudi 29 mars devant les diplomates, les autorités politiques et les membres de la société civile à Bujumbura.
SOURCE :Burundi Transparence/après la présentation officielle du rapport annuel au CEPRODILIC centre ville Mairie de Bujumbura