Une délégation de FAWE-Burundi (Forum des éducatrices africaines) a visité du 6 au 8 décembre 2005 cinq écoles secondaires de la province de Ngozi (Nord du Burundi) pour sensibiliser les jeunes filles fréquentant ces établissements à mener une lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes.
La visite a été effectuée dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences sexuelles. Les écoles ciblées étaient les Lycées communaux de Mubuga, de Mivo, de Gashikanwa, le collège communal de Gatsinda et le Lycée de Kiremba.
En juillet 2005, certains responsables de ces écoles ont reçu une formation dispensée par l’association AGEI (Initiatives pour l’Education des Filles) s’occupant de la mobilisation pour l’éducation de la fille. Ils ont été invités à créer dans leurs établissements des clubs UNGEI (Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles) dont la mission est de conseiller les jeunes filles à bien se comporter à l’école comme à la maison pour éviter de tomber dans des situations qui les empêcheraient de continuer leurs études et gâcher ainsi leurs avenir. Une fois mis en place, ces clubs devraient constituer une cellule d’écoute et d’orientation des jeunes étudiantes.
FAWE-Burundi propose la mise en place des boîtes à suggestions où les élèves expriment leurs préoccupations sous le couvert de l’anonymat. Une fille qui a des problèmes devrait se confier à cette cellule qui chercherait par la suite les voies de solutions afin que la fille n’abandonne pas l’école.
Sauf au Collège communal de Gatsinda, ces clubs n’ont pas encore été créés à cause des difficultés rencontrées par les responsables des écoles au début de l’année scolaire. Les écoles visitées ont promis de mettre sur pied ces clubs dès la fin des examens du premier trimestre .
Au cours des échanges entre la délégation de FAWE, les responsables des écoles et les jeunes étudiantes, on a constaté qu’il n’existe pas de viols ou des violences sexuelles dans ces écoles. Cependant, quelques filles tombent chaque année enceinte et interrompent leurs études. Celles qui ont de la chance d’être soutenues par leurs parents, reprennent leurs études après le sevrage de leurs enfants. Les pères de ces enfants sont, soit des garçons du même établissement, soit des paysans, soit des commerçants, des fonctionnaires ou même des professeurs oeuvrant dans ces établissements.
D/N.F.