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Situation des droits de l’homme
Les nouvelles de la rubrique « situation des droits de l’homme » sont produites grâce à l’aide financière de l’Union Européenne. Leur contenu relève de la seule responsabilité de la Ligue ITEKA et ne peut être considéré comme reflétant la position de l’Union Européenne
Une violation massive des droits de l’homme par les éléments du Palipehutu - Fnl dans certaines provinces du pays.
Depuis bientôt trois mois, des combattants du Palipehutu-Fnl ont quitté Bujumbura Rural, leur fief traditionnel, pour se déployer dans plusieurs autres provinces du pays. Des attaques répétées sont régulièrement signalées ici et là et montrent à suffisance que ces éléments sont présents spécialement dans les provinces de Bubanza, Kayanza et Cibitoke.
Ils y mènent plusieurs attaques malgré les efforts déployés par la Force de Défense Nationale pour les mettre hors d’état de nuire.
Les populations des localités attaquées quittent leurs domiciles pour fuir ces combats ou passent la nuit dans la brousse pour échapper à des attaques et enlèvements nocturnes.
Les arrestations des présumés membres ou collaborateurs du Palipehutu - Fnl par la police, qui sont signalées dans la Mairie de Bujumbura et dans d’autres provinces où il n’ y a pas de combats comme à Ngozi, Makamba, Bururi...ou les membres de la Jeunesse Patriotiques Hutu - JPH- qui se remettent eux mêmes aux autorités militaires, montrent que ces éléments sont également présents dans d’autres provinces malgré l’absence des combats.
Dans la province de Bubanza, les combattants du Palipehutu - Fnl ont mené des attaques répétées durant tout le mois de Novembre2005 dans les différentes localités de la province. Ces combattants ont été signalés dans les zones de Buvyuka et Muramba en commune de Bubanza, dans les communes de Mpanda et Musigati depuis Samedi le 29 Octobre 2005 où ils ont mené plusieurs attaques.
Dimanche le 30 Octobre 2005 dans la nuit, ils ont mené des attaques à Buvyuko. La population a alors fui vers le centre de Bubanza, à Muramba et sur les positions militaires. Dans cette même nuit, un civil, Ndayisenga Innocent, a été tué par des militaires vers minuit lorsque il rentrait chez lui à la maison. Il a été fusillé quand il tentait de fuir alors que les militaires lui avaient demandé de s’arrêter.
Lundi le 31 Octobre 2005, les combats entre les militaires et les combattants du Palipehutu-Fnl ont repris après midi. Les militaires de la Force de Défense Nationale ont tué un combattant de ce mouvement et en ont capturé trois autres. Dans la nuit du même jour, les Fnl ont attaqué une position militaire à Murenge. Le bilan a été d’un militaire tué et de deux autres blessés.
Le lendemain Mardi, le 1er Novembre 2005, les populations des secteurs Kayange et Mpishi et celles de toute la zone Muyebe,commune Musigati, province Bubanza ont quitté leurs domiciles pour fuir les combattants du Palipehutu -Fnl. Elles se sont réfugiées vers les centres et les positions militaires. Les militaires y ont mené des offensives et au cours de ces attaques, un militaire a été blessé.
Dans la nuit du même jour, les rebelles ont attaqué dans toute la zone de Kivyuka en commune de Musigati et dans la zone de Murengera en commune de Mpanda. Une maison appartenant à Ngenzi a été brûlée à Mukungu. Ils ont aussi volé 9 vaches appartenant à des démobilisés et ont pillé dans 8 boutiques à Mukungu, Gatare, Kivyuka, Kirari et Kamazi en commune de Musigati. Ils ont aussi récolté du manioc dans les champs.
Dans la zone de Murengeza en commune de Mpanda, province Bubanza,un militaire de la FDN et deux combattants du Fnl ont été tués.
D’ autres crimes d’enlèvements suivi d’ assassinats ont été signalés à Musenyi où un groupe de six personnes armées de fusils ont attaqué la famille de Nsananikiye Amas de la colline Ndava II, secteur Kirengane de la commune Rugazi,province Bubanza dans la nuit du 2 au 3 Novembre 2005. Ils ont kidnappé Amas et sa deuxième femme, Bankuwunguka Joséphine. Arrivés à Musenyi en commune de Mpanda, ils ont libéré le mari mais ont gardé la femme. Ils l’ont par après assassinée sauvagement en la découpant en plusieurs morceaux. Les différentes parties du corps ont été trouvées à des endroits différents.
Les voisins de la victime incriminent la première femme d’Amas comme ayant commandité le crime. Cette attaque était la deuxième, la première ayant échoué à cause de l’intervention des voisins. La première épouse d’Amas aurait dit avant que l’assassinat ne soit commis, que la victime serait tuée et découpée en plusieurs morceaux.
Beaucoup d’ autres cas de violations des droits de l’homme ont également été signalés dans la province de Kayanza, frontalière de Bubanza, où des éléments de ce mouvement ont tendu des embuscades et des groupes armés non identifiés attaquent des ménages.
Dans l’après midi de Vendredi le 18 Novembre 2005, des éléments du même mouvement ont tendu une embuscade sur la route Kayanza Cibitoke. Tous les véhicules de transport ont été arrêtés et les passagers qui étaient à bord dépouillés de tous leurs biens. Un des véhicules, une camionnette qui transportait des militaires et des civils, a refusé de s’arrêter. Les Fnl ont tiré sur eux, tuant un militaire et un civil sur le champ.
Le même jour dans la nuit, beaucoup d’autres attaques ont été signalées dans différentes localités des communes Rugazi et Musigati. A titre d’exemple, des criminels non encore identifiés ont assassiné une personne, Banderembako, de la colline Nyarugongo, zone Ruce en commune Rugazi. D’autres personnes armées de fusils ont attaqué des ménages des secteurs Kayange et Masare en commune Musigati, volant de l’argent et d’ autres biens dans les ménages et blessant des personnes, Ningabire Marine et Mechak. Cette attaque était la 4ème dans cette localité depuis le début du mois de Novembre 2005.
Le même jour dans la nuit, un groupe de bandits armés de fusils a attaqué la maison de Mayoya sur la colline de Memba, zone Nyabihogo en commune de Kayanza. La victime a crié au secours et quand son voisin, Karenzo, a tenté de la secourir, elle a été fusillée et elle est morte sur place. Un autre ménage, celui de Nyandwi, de la colline Mfunda, Zone Rwegura en Commune de Muruta a été attaqué par des combattants du Palipehutu Fnl. Au cours de cette attaque, le père de Nyandwi a été tué et Nyandwi sérieusement battu. Ils ont aussi volé 3 vaches et plusieurs chèvres. Ils ont aussi saccagé les boutiques de Gahe de la même zone et commune.
Samedi le 19 Novembre 2005, des combats ont éclaté entre des éléments du Palipehutu-Fnl et les Forces de Défense Nationale sur les collines de Mirembera et Nyarurambi en zone de Butanuka, commune Mpanda. Deux Fnl ont été capturés, cinq autres tués et deux fusils saisis. Le même jour, deux personnes ont été enlevées à Muyange, zone Gihanga et ont été conduites à une destination jusqu’ aujourd’hui inconnue.
Rappelons qu’ au moment où certains combattants du Palipehutu-Fnl continuent à perturber la sécurité, d’autres se remettent aux forces de l’ordre. Dans la nuit du 18 au 19 Novembre, S. S. de la colline Murima en commune de Kayanza s’est remis à la position de la Police de Sécurité Intérieure de Murima. Dans les provinces de Bujumbura -rural et de Bubanza, plusieurs membres de la Jeunesse Patriotique Hutu- JPH- se sont désolidarisés avec lePalipehutu- Fnl en se remettants aux autorités militaires.
Les autorités administratives et la population de Bujumbura Rural s’indignent contre les militaires Onusiens basés dans leur province.
La population de la province de Bujumbura Rural qui croyait que les militaires Onusiens allaient aider à ramener la paix au Burundi déchante. Quand les Nations Unies ont décidé d’envoyer des troupes militaires pour aider le Burundi à sortir de la guerre, la population meurtrie par la guerre avait salué cette décision avec enthousiasme, mais pour d’autre c’était une insulte contre la souveraineté nationale.
Aujourd’hui, beaucoup de Burundais s’interrogent sur la raison de leur présence au Burundi. D’une seule voix, la population et les autorités de la province de Bujumbura rural dénoncent l’inaction de l’ ONUB face à la criminalité des éléments du Palipehutu -Fnl de Rwasa Agathon.
Selon les sources administratives de Bujumbura Rural, au moins 3 personnes sont tuées chaque jour par les rebelles du Palipehutu-Fnl. A titre d’exemple, 39 personnes ont été tuées pendant 9 jours au cours du mois de Novembre 2005 dont 30 assassinées par les Fnl.
Interrogé par la Radio Publique Africaine, le gouverneur de la province de Bujumbura Rural, Ndaruvukanye Zénon, a affirmé que « les militaires de l’ ONUB basés dans Bujumbua Rural entravent l’action des militaires de la Force de Défense Nationale et les empêchent de neutraliser les assaillants ». En effet, quand les militaires interviennent pour secourir la population, ces assaillants fuient avec la population près des positions des militaires Onusiens. Les militaires burundais n’ayant pas le droit d’attaquer ceux qui se réfugient près des positions de l’ ONUB, sont alors contraints de les laisser.
S’exprimant au micro de la Radio Publique Africaine, certaines personnes et le gouverneur de Bujumbura Rural ont demandé que ces militaires de l’ONU partent. Ils ont ajouté que l’ ONUB avait des moyens humains, matériels et militaires pour neutraliser les combattants du Palipehutu-Fnl, mais que rien n’avait été fait jusqu’ aujourd’hui en faveur du retour à la paix.
M.I.
La criminalité prend une ampleur inquiétante dans la Mairie de Bujumbura.
Dans les communes de la Mairie de Bujumbura, la criminalité continue à prendre une allure inquiétante. Des citoyens sont assassinés chaque jours à leurs domiciles et la police ne parvient pas à trouver les auteurs de ces crimes.
Ces violations sont beaucoup fréquentes dans les quartiers populaires comme Buyenzi, Bwiza et Cibitoke où quatre personnes ont été tuées du 20 au 27 Novembre 2005.
Dans la nuit du 20 novembre 2005, vers 21h30, à la 20ème avenue n°30 du quartier 5 en commune Buyenzi, un jeune homme de 22 ans, Ayubu, a été tué par un voleur armé de fusil et de grenades.
La victime rentrait à son domicile sis à la 19ème avenue No 5, quand elle a été abattue par un criminel qui venait de voler une importante somme d’argent dans une boutique de la place. Le voleur a par la suite pris le large à l’aide d’une moto garée à quelques deux cents mètres du lieu du crime.
Un autre vol similaire avait été commis dans la même commune en date du 11 novembre 2005 au quartier I, 4ème avenue n°52 de la même commune. Une autre personne, Nsabiyumva Innocent, un ex chef de quartier en commune Buyenzi a été assassiné à son domicile, fusillé dans la soirée du dimanche 27 novembre 2005 vers 18h30 à la 16ème avenue n° 54 par 2 hommes armés qui n’ont pas été identifiés.
L’administrateur de la commune interrogé croit en un règlement de compte. Il a demandé avec insistance que les services de la police judiciaire fassent leur devoir pour découvrir le mobile et les auteurs de ces assassinats.
Il a regretté que la police n’arrive pas sur terrain pour des enquêtes minutieuses, et attende que les victimes viennent la chercher dans leurs bureaux. Par contre, le chef de quartier I de la même commune, Mme Hawa reste optimiste et a indiqué que des mesures sont en train d’être prises pour traquer le réseau de voleurs qui opèrent dans cette commune.
Dans la soirée du 23 novembre 2005, à la 3ème avenue n°61 en commune Bwiza, le propriétaire du bar Okapi, Kaka desengwe de nationalité congolaise, a été tué par des voleurs armés de fusils et de grenades.
Deux criminels habillés en jackets et jeans sont venus sur deux motos, puis sont entrés dans le bistrot où le propriétaire de la buvette, était en train de compter de l’ argent qu’ il avait récolté ce jour et ont braqué leur fusil sur lui. La victime a tenté en vain de résister avant que les deux criminels ne tirent des balles dans la tête.
Les assaillants ont emporté par la suite tout l’argent qu’il avait et sont partis sur les mêmes motos qui les avaient emmenés. En fuyant, ils ont lancé une grenade qui a blessé un policier en tenue civile, habitant tout près du lieu de crime.
Trois jours après, une autre personne, Ngendakuriyo Bernard alias Kijembe, a été lâchement assassinée à son domicile par trois jeunes hommes armés de fusils et de grenades. C’était dans la nuit du 26 novembre 2005 vers 21h30 à la 7ème avenue n° 19 du quartier Mutakura, commune Cibitoke.
La victime était un Adjudant Major démobilisé de la Force de défense nationale. Feu Ngendakuriyo avait ouvert un bistrot à son domicile et c’est là même que ces criminels l’ont trouvé en train de prendre un verre avec certains clients. Ils ont ordonné à tous les clients de se coucher par terre tout le monde et ils ont tiré plusieurs balles sur la victime.
Après ce crime, ils se sont retirés sans commettre aucun autre dégât, ce qui indique qu’ils avaient un seul objectif, éliminer la victime.
Pour tous ces crimes, la police n’est parvenue à mettre la main sur aucun de ces malfaiteurs.
NK.E
Le secrétaire permanant du parti Frodebu en commune Busoni se dit menacé par le chef de zone Mukerwa.
Le secrétaire permanant du parti Sahwanya Frodebu en province de Kirundo, Ntigacika Jérôme, résidant dans la zone de Mukerwa en commune de Busoni s’est confié au bureau provincial de la Ligue Iteka à Kirundo pour faire part de ses inquiétudes relatives aux harcèlements dont il est objet. Il a déclaré que le chef de zone Mukerwa l’a accusé faussement d’avoir hébergé des éléments du Palipehutu-Fnl.
Tout a commencé le soir de vendredi le 11 novembre 2005 lorsque Jérôme est rentré vers 19 heures trouvant à la maison un jeune garçon de la zone Gatore, Ngerageze Salvator, un ami de son fils, Gatoto Pascal. Comme il est de coutume, Jérôme est allé annoncer son visiteur chez le chef de colline. Ce dernier les a conduits a un poste de police le plus proche qui a autorisé Jérôme à loger son hôte.
samedi matin, la police est allée arrêter Ngerageze Salvator et le lendemain dimanche, c’était le tour du fils de Jérome, Gatoto Pascal. Ils ont été emprisonnés au cachot de la commune Busoni.
Ntigacikana Jérôme a déclaré qu’il était lui-même recherché.
Une quittance de 5.000 frs lui a été donnée comme amende. Il a affirmé également que d’autres membres de son parti comme Nzobarinda, Bibonimana, Munyentwari et Nzeyimana Pascal étaient aussi menacés et qu’ ils ne passaient pas la nuit chez eux.
IM
Le Burundi à la une de la semaine de solidarité nationale à Bayonne(France) .
Amnesty international, groupe de Bayonne en France a organisé la 8ème édition de la semaine de solidarité internationale en France du 12 au 20 novembre 2005.
Cette semaine de solidarité internationale était un grand rendez vous national de sensibilisation à la solidarité internationale et au développement durable.
La semaine a attiré un public varié qui a eu l’occasion de s’informer sur les thèmes majeurs de la solidarité internationale, à savoir : respect des droits humains, volontariat international, développement durable, tourisme solidaire ou encore commerce équitable.
Grâce au partenariat actif qui existe entre la ligue burundaise des droits de l’homme « Iteka » et amnesty international, groupe de Bayonne, beaucoup d’activités sur le Burundi ont été réalisées durant la semaine.
Il s’agit notamment de : une conférence de presse sur la situation actuelle du Burundi et le forum nord-sud des jeunes 2005 à Kayanza , une conférence débat a la faculté de droit de Bayonne avec des thèmes variés dont notamment la situation des droits humains au Burundi dans le contexte de paix fragile, les droits des refugiés burundais, la justice transitionnelle : ses principes juridiques (le cas du Burundi) ainsi que le forum nord sud des jeunes pour la reconstruction du Burundi.
D’après Mme Germaine Blezio, responsable du « dossier burundi » au groupe amnesty à Bayonne, le choix du Burundi par amnesty est du aux relations particulieres de partenariat qui existent entre amnesty (bayonne) et la ligue Iteka depuis 2001 et qui se sont consolidées au fil des années.
En effet, Amnesty France s’occupe des violations des droits humains dans beaucoup de pays, y compris le Burundi et le Rwanda dans la région des grands lacs, et conduit par ailleurs un programme « défense des défenseurs des droits humains ».
Notons en passant que dans le cadre de ce partenariat entre la ligue iteka et le groupe Amnesty à Bayonne, le lycée René Cassin et le club scolaire des droits de l’homme du lycée de Mweya dans la province de gitega ont été jumelés et un cyber café a été ouvert à Gitega grâce à la contribution des jeunes du lycée René Cassin. Ce jumelage facilitera l’échange d’expérience.
Rappelons que René cassin, grand spécialiste de droit international et natif de Bayonne, fut l’un des 5 rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations-Unies en 1948.
etoile kazeruke
Un malaise s’observe dans le secteur du transport.
Avec le mois de Novembre 2005, un malaise s’est observé dans le secteur du transport sur presque toute l’étendue du pays. Ce malaise est essentiellement causé par la pénurie du carburant et une nouvelle mesure que le gouvernement a prise de faire respecter le nombre de passagers autorisé dans les véhicules de transport en commun.
La ministre en charge du commerce a affirmé que la quantité de carburant distribuée était suffisante selon les rapports à sa disposition, et que rien ne pouvait justifier la pénurie.
Certains commerçants de produits pétroliers ont indiqué quant à eux qu’ils n’avaient pas pas pu s’approvisionner en carburant au niveau de la société d’entreposage des produits pétroliers(SEP)à cause de nombreux jours de congé au début du mois de novembre 2005 ; mais selon d’autres sources, les pétroliers auraient refusé de servir pour exiger du gouvernement la hausse du prix du carburant à la pompe.
A Ngozi, les pétroliers ont fermé les stations mais vendaient l’essence dans des bidons à 2000 Fbu le litre alors que le prix officiel est de 1.1000 F bu le litre.
Les conséquences de cette pénurie n’ont pas tardé à se manifester. Le prix du ticket de transport de Ngozi à Bujumbura est passé de 3.500 Fbu à 4.500 Fbu. Les prix des denrées alimentaires ont également été affectés. A titre d’exemple, le kilo de haricot jaune est passé de 450 Fbu à 550 Fbu et le riz de 500 a 600 Fbu.
A partir du 14 novembre 2005, les transporteurs des quatre provinces du nord du pays, Ngozi, kayanza, Kirundo et Muyinga ont entamé un mouvement de grève de quelques jours. Le même mouvement s’est aussi observé dans la mairie de Bujumbura ou les parkings de Kamenge, Musaga et Kanyosha sont restes déserts pendant cette période.
IM
Nouvelle commission chargée d’élucider la question des prisonniers politiques.
La ministre de la justice a mis sur pied le 7 novembre 2005, une nouvelle commission qui va encore une fois se pencher sur la question des prisonniers politiques au Burundi. La commission est composée de 21 personnes dont des hauts magistrats, des représentants du gouvernement, des représentants du secteur prive et des personnalités indépendantes.
Elle est présidée par M. Elysée Ndaye. Le premier vice-president de la commission est Audace Ngiye, conseiller principal charge des questions juridiques et administratives à la première vice-présidence de la République. La deuxieme vice-présidence de la commission revient à M. Melchiade Nzopfabarushe, chef de cabinet adjoint du Président de la République. Les fonctions de secrétaire sont assurées par le député Venant Kamana.
La commission a un mandat de trois mois pour déterminer avec clarté les critères d’éligibilité à la catégorie des prisonniers politiques, analyser à fond les dossiers physiques des prisonniers et arrêter une liste exhaustive des prisonniers politiques. La commission doit formuler ensuite des recommandations et produire des rapports mensuels et un rapport final à adresser au Président de la République.
La question des prisonniers politiques a toujours été au centre des préoccupations de la conduite du processus de paix au Burundi. il est stipulé a l’article 26 du chapitre 3 (protocole 3) de l’Accord d’Arusha que les détenus politiques doivent être libérés. ceci est également précisé dans l’accord global de cessez-le-feu entre le gouvernement de transition et le Cndd-Fdd du 21 novembre 2003.
La commission de suivi de l’application de l’Accord d’Arusha (csa) a, a maintes reprises, demandé la libération de tous les prisonniers politiques.
Malheureusement tous les acteurs politiques et l’opinion publique ne s’entendent sur qui est prisonnier politique.
FN
Le préfet du collège communal de Gikomero serait à la base des irrégularités que connaît cette école.
Le collège communal de Gikomero, en commune Rango, province Kayanza connaît beaucoup d’irrégularités comme l’ont dénoncé les parents d’enfants, les autorités administratives de la commune Rango, les comites locaux de bonne gouvernance en province Kayanza.
Selon toutes ces sources, le préfet de ce collège, Ndabahagamye Monfort serait à la base de ces difficultés et le directeur reste passif.
A la rentrée scolaire 2005-2006, il a été constaté que ledit préfet a admis dans son école des élèves qui n’avaient pas réussi au concours national donnant accès a l’enseignement secondaire, surtout des jeunes filles.
La note minimale pour accéder à un collège communal pour l’ année scolaire édition 2005-2006 est de 71/200, mais il y a quelques élèves qui ont été acceptés dans ce collège avec une note largement inférieure à celle la.
A titre d’exemple, Niyibitanga Francine avait 36/200, Hacimana Lucie et Congera Fabiola avaient 48/200, Ndayikengurukiye Claudine avait 61/200 et Habimana Florence avait 70/200.
Toutes ces élèves n’ont pas réussi le concours national mais elles sont en 7eme année à ce collège. Il y a aussi un autre cas d’une élève qui a avancé de classe alors qu’elle avait des insuffisances. Il s’agit de Ndayisaba Claudine, qui a été admise en 8eme année au college communal de Gikomero alors qu’elle venait d’ échouer 3 fois en 7eme annee au college communal de Rango.
Malheureusement, le directeur de cet établissement, Nkunzimana Theogène, ne prend pas ses responsabilités face à ce comportement irresponsable de son préfet.
La dénonciation de ce comportement a été faite par certains parents et l’administrateur de la commune Rango, M. Ndamanisha Canisius lors d’ un atelier d’ échange entre les comites locaux de bonne gouvernance avec les administratifs de la province kayanza, que la Ligue Iteka avait organisé mercredi, le 19 octobre 2005 à l’hôtel Kamotel a Kayanza.
Les mêmes accusations avaient été formulées en présence du directeur de ce collège à Rango par les comités locaux de bonne gouvernance de la commune de Rango lors de leur réunion avec les chefs de services et les administratifs de ladite commune le 10 octobre 2005 .
Le directeur provincial de l’enseignement à Kayanza a fait une descente à ce collège le 24 octobre 2005 accompagné par son chef du personnel et le chef de section de la Ligue Iteka à Kayanza pour vérifier les faits. Tout le monde, en premier lieu les parents, les éducateurs et les élèves eux-mêmes de ce collège attendent une réaction positive.
d/christian havyarimana.
Le Rwanda a refoulé 5 personnes accusées de collaborer avec le Palipehutu- Fnl.
Dans la matinée de lundi le 07 novembre 2005, 5 personnes originaires des communes de Busoni et Ntega en province de Kirundo ont été refoulées du Rwanda par les autorités administratives rwandaises. Il s’agit de Misago Jean Marie, originaire de la commune de Busoni, Nemeyimana Jean Pierre, Bavumiragiye Omar, Ndayisenga et Sendegeya sylvain, tous originaire de la commune Ntega.
Les personnes refoulées ont indiqué qu’elles étaient parties au Rwanda, en préfecture de Butare dans la commune de Nyamure, secteur Ntryazo à la quête de l’emploi.
Par contre, les autorités rwandaises les accusent de collaborer avec le mouvement Palipehutu - Fnl.
Ces personnes étaient arrivées au Rwanda le 10 octobre 2005, puis avaient été arrêtées le 19 du même mois pour être relaxées le 3 novembre et refoulées le 7novembre 2005.
Les administrateurs des communes Busoni et Ntega se sont rendus le 7 novembre 2005 au chef lieu de la province de ngozi pour les récupérer.
Toujours dans le souci de maintenir la sécurité dans les zones frontalières des deux pays, une rencontre bipartite sur la question des demandeurs d’asile rwandais s’est tenu à Ngozi entre les autorités burundaises et rwandaises dans la même matinée du 7 novembre 2005.
Cette rencontre regroupait les gouverneurs des préfectures Kibungo, Butare et Kigali ngali du côté rwandais et du côté burundais, les gouverneurs des provinces Ngozi, Kayanza, Kirundo et Muyinga et les administrateurs des communes frontalières avec le Rwanda.
Ces demandeurs d’asile vivant au Burundi sont estimés à plus ou moins 3.000 rwandais.
IM
ACTIVITES DE LA LIGUE ITEKA
La Ligue ITEKA organise une formation en chronique judiciaire.
Du 16 au 18 Novembre 2005, une formation en chronique judiciaire et règles minima de traitement des détenus à l’endroit de 20 journalistes, 14 observateurs provinciaux des droits de l’homme et de 16 membres de la Ligue ITEKA qui effectuent régulièrement des visites des cachots de la Mairie de Bujumbura, a été organisé au centre suédois de Kinindo.
Cette formation visait l’amélioration des connaissances en techniques de productions des chroniques en rapport avec les dossiers judiciaires, le fonctionnement de la justice et le régime pénitentiaire prévalant dans les cachots et prisons burundais.
Les thèmes suivants ont fait objet de la formation :
Ensemble des règles minima de traitement des détenus, et l’état des lieux relatif aux conditions carcérales au Burundi ;
Les éléments de procédure pénale ;
Les techniques de production des chroniques judiciaires et exercices pratiques.
La Ligue ITEKA organise la 24 ème édition de son café de presse.
En date du 25 Novembre 2005, La Ligue ITEKA a organisé la 24 ème édition du café de presse dont le thème était : « Pour un Etat de droit au Burundi : principes et pratiques » ; a été organisé à l’Hôtel Sun Safari Club de Bujumbura.
Ce débat politique regroupait des représentants des partis politiques, de la société civile et quelques invités des missions diplomatiques accréditées à Bujumbura. Malheureusement, il faut signaler l’absence à ce débat politique d’ un représentant du parti Cndd - Fdd, un parti au pouvoir, alors que beaucoup de conseils ont été prodigués à l’ endroit des gestionnaires du pouvoir actuel.
Il a été unanime que certains principes qui guident un Etat de droit sont violés au grand jour, mais d’autres sont bien respectés. Parmi les grandes violations qui ont été mises en évidence figurent des arrestations et détentions illégales des présumés membres ou collaborateurs du Palipehutu - Fnl, la question des prisonniers politiques qui ne trouve pas de consensus parmi les acteurs politiques et dans l’opinion publique, le traitement réservé aux réfugiés rwandais qui sont au nord du Burundi et la prise de décisions qui se fait à la hâte et plus dans un cadre informel que formel.
Concernant les arrestations de présumés membres ou collaborateurs du Palipehutu - Fnl, on remarque que les procédures d’arrestations sont illégales et les conditions de détentions inhumaines. Des personnes sont arrêtées puis relâchées deux jours après et sans jugements parce qu’ils ont été arrêtés sans motifs a indiqué Bizimana François, représentant du Cndd de Nyangoma. Les magistrats n’ont pas accès à leurs dossiers ni aux cachots où ces prisonniers se trouvent, a t- il poursuivi. Maître Sinarizi Gabriel, qui représentait l’Accord Cadre pour la restauration d’un Etat de droit, a plutôt fait remarquer que d’autres sont tués sans jugements après comparution devant la police présidentielle, ce qui est contraire à la loi.
Mais selon Pierre Claver Nahimana du Frodebu, on a l’impression qu’on est en état de guerre alors qu’on n’est pas en guerre. L’Etat fait plutôt la guerre ; sans passer par le cadre reconnu, le parlement, contre une partie de la population.
Contrairement aux autres participants, qui disent qu’ on est pas en guerre et qu’ on ne tue pas un prisonnier de guerre, le représentant du Paribu pense qu’ on est en état de guerre et qu’il faut prendre des mesures draconiennes contres ces criminels sans nom.
Par ailleurs, les participants au débat ont déploré la prise des décisions à la hâte et en dehors du cadre légal par le gouvernement.
Certaines de ces décisions plaisent à l’oreille mais risquent d’avoir des conséquences fâcheuses, a dit Zénon Nimubona du Parena. Il s’agit par exemple de l’annulation des factures de la Regideso pour certaines communes ou la construction des fontaines publiques gratuites qui peuvent mettre davantage en difficulté la Regideso, qui est déjà en difficulté, bien que ce ne soit pas contraire à la loi.
La Ligue ITEKA organise un séminaire de formation des chargés d’écoute et des responsables des sections.
La Ligue ITEKA a organisé du 28 novembre au 2 décembre 2005 un séminaire de formation à l’intention des chargés d ‘écoute et des responsables des sections de la Ligue ITEKA au centre suédois de Bujumbura.
Au cours des 5 jours qu’a duré cette formation, les participants ont appris comment contribuer à la prévention des conflits par la résolution pacifique des cas de violations des droits de l’homme, améliorer leurs connaissances sur le fondement et le contenu des principaux droits de la personne et améliorer la qualité des rapports d’écoute et orientation.
Les participants ont également fait connaissance avec le thème du VIH/SIDA et les droits de l’homme, et les différentes prises en charge des victimes du SIDA (juridique, médicale et psychosociale).
La Ligue ITEKA organise un séminaire de formation des magistrats et OPJ sur la prise en charge intégrée des victimes des violences sexuelles.
La Ligue ITEKA a organisé un séminaire de formation des magistrats et officiers de police judiciaire sur la prise en charge intégrée des victimes des violences sexuelles du 29 novembre au 2 décembre 2005.. L’objectif de la session était d’amener les praticiens du droiti à mener des actions rapides en faveur des victimes des violences sexuelles au Burundi.
Le phénomène prend des proportions inquiétantes depuis quelques années dans ce pays. Le nombre de cas de viol identifiés par la LIgue ITEKA en 2004 s’élevait à 1664, et il était de 983 en 2003. Parmi ces cas, 43% étaient des mineurs.
Les participants ont échangé sur les différentes prises en charge des victimes des violences sexuelles et ont formulé des recommandations susceptibles de combler les lacunes en matière de dispositions légales et de sanctions prévues par le code pénal burundais en vue de sévir contre les violences sexuelles de toute nature.
NK.E - M.I.
OPINION
Un économiste burundais s’exprime sur les défis auxquels fait face le Burundi.
Par Ernest Nkurunziza
Les institutions nouvellement élues font face à des défis énormes en vue d’asseoir une société burundaise respectueuse des droits des citoyens. Tous les burundais versent tous leurs espoirs sur le pouvoir post transition. En celui-ci, ils attendent des actions réelles de « sauvetage d’un peuple en détresse ». En effet, le peuple burundais a enduré une trentaine d’années de souffrances atroces de faim et de pauvreté sans précédent.
Le Burundi n’est - il pas rangé parmi les pays les plus pauvres de la planète ? Que faire pour se relever ?
C’est la question que pose Zénon Nicayenzi « jeune » de 71 ans connu du milieu intellectuel burundais pour ses analyses sociales et économiques d’une profondeur remarquable.
Selon cet économiste infatigable, le Burundi dispose des ressources importantes d’origine interne et spécialement le capital-travail. Pour lui, c’est grâce à cet apport que le pays produit plus de 50% de sa richesse nationale, de 90% des recettes d’exportations, occupe plus de 80% de sa main d’œuvre active .
Mais la production totale du pays équivaut à 570% moins que le volume global du capital investi, outre que la production totale couvre à peine 50% du coût effectif des emprunts publics extérieurs.
Le Burundi dispose d’une très faible capacité d’épargne et d’auto financement.
Il est plongé dans une pauvreté accrue ( 68% fin 2002) malgré l’immense effort fourni par la population rurale active. M. Zénon Nicayenzi propose quelques pistes de solution :
Ajuster les structures économiques pour rendre efficace l’ensemble du système économique. Ces structures sont : le secteur rural dominé par la population rurale active ( secteur primaire) et le secteur moderne dominé par l’Etat et le secteur privé ( secteur secondaire et tertiaire ).
Investir dans le secteur primaire pour fournir la matière première au secteur secondaire et dans le secteur secondaire pour fournir les intrants en faveur du secteur primaire : donnant - donnant
Investir dans le secteur social et spécialement dans la santé et l’éducation pour accroître l’efficacité du secteur primaire : meilleure économie et meilleure finance
Investir dans les infrastructures en relation directe avec les besoins du secteur primaire.
Diminuer la part de l’emprunt public extérieur dans le volume global du capital investi pour utiliser en priorité le capital-travail, l’épargne intérieure , les dons en capital. Et pour cause : le coût de l’emprunt extérieur est assez élevé : 3, 9 Francs pour un 1 franc emprunté.
Affecter les ressources les plus chères et les plus rares au secteur directement productif : emprunts extérieurs et intérieurs ;
Produire efficacement dans tous les secteurs primaires, secondaires et tertiaires. Tolérance zéro en matière de corruption et de malversation économiques, source de paralysie de l’ensemble du système économique et financier et même de l’Etat
Repartir équitablement l’effort et le résultat de l’effort : mieux rémunérer le producteur du monde rural, l’agent de l’Etat en proportion de son mérite objectivement évalué et les autres partenaires en regard de l’efficacité de leur apport et du coût de celui-ci ;
Pour rattraper le temps perdu, le maître mot devrait être, selon Nicayenzi « Efficacité, productivité, bien être ». Le budget ordinaire de l’Etat doit viser l’efficacité maximale de tout l’appareil de l’Etat. Celui-ci devant désormais se considérer et être considéré par les citoyens comme un service public destiné à leur assurer le bien être maximum. Par ses impôts et taxes, le citoyen se constitue partenaire du dirigeant et de ce fait, a droit au meilleur service possible.
En effet, le dirigeant est gestionnaire du patrimoine public et non propriétaire. Il est appelé à donc distinguer la caisse publique de la caisse familiale ou de son parti . Lorsqu’il prend la décision d’investir, il réalise l’opération au nom de l’Etat garant du bien être général du peuple burundais.
Le dirigeant qui prend le pouvoir politique se déclare par ce fait même gestionnaire du patrimoine national. Il devrait en assurer la gestion en bon père de famille en le rentabilisant au maximum pour éliminer la pauvreté surtout des pauvres et des plus vulnérables qui constituent aujourd’hui la majeure partie de la population burundaise.
La fâcheuse habitude de fidéliser les militants en leur confiant des postes les plus en vue sans égard à leur aptitude de gestion porte préjudice à l’ensemble de la communauté outre que cette pratique discrédite le détenteur du pouvoir.
La démocratie, partout, est le résultat d’un processus de développement assumé et assuré par une classe sociale laborieuse et responsable de son destin économique. C’est pourquoi la démocratie ne fleurit pas au sein d’un Etat dirigé par des prébendiers, des corrompus eux-mêmes devenus corrupteurs, des clients asservis au patron dispensateur des privilèges indus. Au sein de cet état, la démocratie et le développement sont condamnés , l’inefficacité s’installe au sommet et la pauvreté devient le lot des pauvres.
Pour Zénon Nicayenzi, chaque franc dépensé doit rapporter le maximum de résultats. « Pas d’argent, pas d’énergie, pas de temps à perdre ».
Le Budget ordinaire de l’Etat doit obéir au même souci. La rémunération de l’agent de l’Etat, de l’entreprise où de la commune constitue une contre partie payée par l’usager qui attend le bénéfice maximal. De même, tout franc investi doit répondre à l’exigence de rentabilité maximale pour l’investisseur et pour toute la communauté nationale.
Dans le cas contraire, ce sont les entreprises dynamiques et rentables qui supportent les impôts et taxes destinés à combler les déficits creusés par les agents et les entreprises défaillantes. Les plus efficaces sont pénalisés, les moins efficaces sont récompensés. Une telle économie est condamnée à la stagnation, à l’inefficacité et au sous développement résistant.
“To count initially on its own resources”. Le Burundi applique déjà ce principe puisqu’il produit la majeure partie du PIB et des devises en mettant en œuvre principalement le capital-travail fourni par la population.
Il suffirait d’être conséquent en répartissant le capital financier investi de manière que le secteur rural bénéficie d’un encadrement plus approprié et plus efficace, et des intrants plus performants et modernes, que le facteur eau d’irrigation entre en ligne de compte comme facteur de production-clé en plus de la restauration et de la protection des sols et de l’environnement.
Enfin, le capital financier local et l’expertise nationale prendraient progressivement le relais des dons et des prêts extérieurs dans le secteur directement productif.
Les albinos :Une catégorie de personnes vulnérables marginalisées.
Par Elie Ndikumana
Pourquoi la naissance d’enfants albinos dans les familles ? Telle est la question que se posent depuis longtemps beaucoup de gens y compris les albinos eux-mêmes .Certains arrivent même à considérer la naissance d’un albinos comme une malédiction divine.
Répondre à cette question ,correspondrait à éclairer l’opinion sur la transmission de l’albinisme et cela pourrait contribuer à changer les considérations négatives à l’égard des albinos, qui conduisent à leur stigmatisation et discrimination.
L’albinos est un individu atteint d’albinisme ,anomalie génétique, qui se rencontre dans tout le règne animal .Dans l’espèce humaine, les sujets albinos ont la peau d’un blanc laiteux ou blond pale ,l’iris rose et la pupille rouge.
L’albinisme est du à l’absence d’un pigment noir, la mélanine : les réactions chimiques qui conduisent à sa synthèse,sont bloquées par l’absence d’une enzyme.
Cette anomalie est rare. En France , la fréquence de l’albinisme occulo cutané est d’environ 1 sur 20.000 naissances. Elle est plus grande dans les populations originaires d’ Afrique Noire .Cependant, on trouve des fréquences très élevées chez certains groupes ethniques comme les Kuna du Panama avec 1 sur 180 environ.
Il existe aussi un albinisme partiel caractérisé par la présence de taches blanches cutanées et de mèches de cheveux blancs. Sa fréquence est faible avec 1sur 50.000 naissances environ.
Un enfant albinos peut apparaître même dans des familles au sein desquelles aucun parent n’est atteint. Dans ce cas, les parents sont des hétérozygotes possédant chacun un gène récessif, appelons - le « a », ils ont donc le génotype « Aa » ; patrimoine génétique dépendant des gènes hérités de ses parents.
L’union de deux individus hétérozygotes peut engendrer dans les proportions de 1sur 4, un sujet de génotype « a a » pour lequel la présence à l’état homozygote du gène récessif « a » entraîne l’albinisme.
L’albinisme se rencontre indifféremment dans l’un ou l ‘autre sexe ; le locus du gène responsable n’est donc pas situé sur un chromosome sexuel mais sur un autosome.
Voici les illustrations pour une bonne compréhension du phénomène.
Tableau de croisement n 1 : homme hétérozygote « A a »+femme hétérozygote « Aa »
Aa
A
A AA Aa
a Aa aa
Résultats.
aa : individus albinos1sur 4
AA. : Individus normaux 1sur 4
Aa : individus porteurs sains 1sur 2
Tableau de croisement n 2 : homme ou femme homozygote « aa »+homme ou femme normale « AA »
Aa
A A
aa A Aa Aa
a Aa Aa
Résultats
Aa : Individus porteurs sains du gène responsable de l’ albinisme,100%
Tableau de croisement n 3 : homme homozygote « aa »+femme homozygote « aa »
aa
A A
aa a aa aa
a aa aa
Résultats
aa : tous les descendants sont à 100%albinos.
En plus de leur vulnérabilité face aux rayons solaires intenses suite à l’ absence de mélanine dans leur peau et leurs yeux, les albinos sont aussi marginalisés par la société dans laquelle ils vivent.
C’est dans le souci de contribuer à leur épanouissement et intégration dans la société que l’ Association Albinos Sans Frontière, A.S.F en sigle, a été créée en 2002 et agrée la même année par l’Ordonnance ministérielle numéro 530/946 du 13 décembre 2002.
Sa devise est :Esprit -Solidarité - Egalité -Action.
L’ASF a son siège au quartier asiatique, avenue Ntahangwa chez ABDUL AZIZ SHARIF.
Elle compte actuellement 250 membres dont 87 albinos. Elle est affiliée depuis 2003 à l’ Association Mondiale pour la Défense des intérêts et la Solidarité des Albinos, ASMODIA, basée au Cameroun.
Pour avoir de plus amples informations sur le problème des albinos, la Ligue Iteka a approché le secrétaire général de la dite association, M Amédée BANGARYABAGABO.
Voici le contenu de l’ interview qu’il a accordée.
Ligue Iteka : monsieur le secrétaire général, quelles sont les raisons profondes qui vous ont poussé à créer l’ Association Albinos Sans Frontière ?
Secrétaire général : Nous nous sommes d’ abord référés à l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui dit que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ».Nous avons trouvé que cela ne signifiait rien pour les albinos.
Nous avons fait un constat amer suivant :
· Des considérations négatives de la naissance d’un enfant albinos dans la société qui s’accompagnent par son rejet et frustration, ce qui freine son épanouissement moral, intellectuel et autre,
· Des renvois des femmes par leurs maris suite à la naissance d’un enfant albinos dans la famille sont monnaie courante,
Telles sont les deux raisons majeures qui ont conduit à la création de l’association
L.I : Que diriez vous à ceux qui pensent que l’adhésion des membres non albinos à cette association, est une pure escroquerie ?
S.G :C’est archifaux. Tout d’ abord, la création de l’association est l’initiative des albinos eux-mêmes. Cependant, ces derniers ont trouvé que créer une association à eux seuls, serait une occasion de s’exclure eux-mêmes.
D’autre part, la plupart n’ont pas étudié et ne disposent donc pas des capacités organisationnelles suffisantes.
La dernière raison est très simple. Les albinos sont nos frères, nos sœurs et amis, d’où être ensemble n’est que normal.
En outre, les conditions d’admission ne sont pas les mêmes. Pour les albinos, ils sont membres d’office, il suffit de le souhaiter. Pour les autres non albinos, ils doivent adresser une lettre de demande d’adhésion au représentant légal et doivent payer 5000fbu pour frais d’adhésion.
L.I : Pourquoi l’appellation sans « frontière » ?
S.G : Cela signifie que l’association est ouverte à tout le monde sans distinction de nationalité, de sexe, de couleur de la peau, de religion et autres ,pourvu q ‘il soit conscient des problèmes des albinos et q’ il veut contribuer à les résoudre.
L.I : Pouvez vous donner la signification de votre devise ?
S.G :
Esprit : Les albinos devraient avoir une affirmation de soi et ne pas se sous-estimer.
Solidarité : après l’affirmation de soi, les albinos devraient unir leurs forces pour construire leur avenir meilleur.
Egalité : Dans la solidarité, les albinos devraient combattre pour avoir les mêmes droits que les autres comme consigné dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Action : Partout où ils se trouvent, les albinos devraient démontrer leur savoir faire ainsi que leur savoir être.
L.I : Dans votre devise, vous parler de l’égalité, cela suppose qu’il y ait des droits violés ? Lesquels ?
S.G : Oui. Les principales violations sont les suivantes :
-- Les albinos sont stigmatisés et discriminés par la société dans laquelle ils vivent.
-- Les albinos n’ont accès à l’éducation et aux soins de santé.
L.I : Quels sont les responsables de ses violations ?
S.G : En fonction de leur degré de responsabilité, il y a :
Premièrement les parents qui n’acceptent pas la venue d’une naissance d’un albinos en particulier les hommes ;
Deuxièmement la communauté qui stigmatise et discrimine les albinos
En dernier lieu, l’ Etat chargé de la protection des droits de l’ homme y compris ceux des albinos et qui ne prend pas en main la résolution de leurs problèmes.
L.I : Y a-t-il des problèmes de santé spécifiques aux albinos ?
S.G. : Oui. Compte tenu de l’ absence de pigmentation au niveau de la peau et des yeux , les albinos présentent d’ énormes difficultés de vision et une fragilité de la peau lorsqu’ ils sont exposés aux rayons intenses du soleil.
Pour éviter l’éblouissement et la destruction de la peau qui occasionne des taches sur celle-ci, l’albinos a besoin de :
— protéger sa peau avec de l’huile de toilette comme la vaseline et porter des habits longs et des souliers,
— porter des lunettes anti- soleil et un chapeau.
L.I : Quelles sont les interrogations et considérations de l’opinion publique à l’endroit des albinos ?
S.G : Pour les albinos eux-mêmes , ils se demandent si il pourrait y avoir quelqu’ un pour les aimer compte tenu de la couleur de leur peau et de leurs yeux.
Pour les non albinos, ils se posent les questions suivantes :
Est-ce que les albinos peuvent se marier à une personne normale et avoir des descendants normaux ?
Est-ce que les albinos possèdent -ils une intelligence comme celles des autres ?
L’albinos a-t-il une force physique pour travailler comme les autres ?
L.I : Quelles sont les réponses à leur donner ?
S.G : Une seule réponse.L’ albinos est une personne comme eux avec des valeurs positives ou négatives et surtout avec tous les droits définis dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme.
L.I :Monsieur le secrétaire général, quels sont les objectifs de votre association ?
S.G : Pour la réalisation et la réussite de sa mission, notre association s’est fixée les objectifs suivants.
— mener une enquête sociologique nationale pour identifier les problèmes, les besoins et le nombre des albinos ;
— grouper dans une « seule famille » tous les albinos de différentes catégories résidant au Burundi ;
— mener des actions de sensibilisation des communautés et autorités sur la problématique des albinos ;
— créer des antennes de représentation dans toutes les provinces du pays y compris la Mairie
— créer des activités génératrices de revenus pour les groupements des albinos en vue de leur épanouissement socio- économique
— coopérer avec les autres associations oeuvrant dans la promotion des droits des personnes marginalisées en général et des albinos en particulier que ce soit au niveau national ou international.
L.I : Quelles sont les principales activités déjà réalisées ?
S.G : Nous signalons que les activités de notre association ne sont pas diversifiées du fait que nous disposons de peu de moyens .Cela serait du à l’absence à l’ heure actuelle d’une prise de conscience de la part de l’opinion publique et des bailleurs sur l’ampleur des problèmes des albinos
Cependant, avec nos maigres moyens et souvent avec l’appui de nos bienfaiteurs, nous avons pu réaliser les activités suivantes :
— octroyer du matériel scolaire et du minerval à 20 élèves albinos de Bujumbura rural depuis l’année scolaire 2003 2004
— financer une activité génératrice de revenus avec une somme de 300000fbu le groupement des albinos de la commune Kanyosha appellé DUFATANE MUNDA dans la culture de haricots et des oignons, septembre 2003
— l’organisation d’un séminaire de formation des formateurs en droits de l homme à l’intention des personnes marginalisées : cas de s albinos, appuyé par la Ligue Iteka en janvier 2005
— Participation à l’assemblée générale de l’ Association Mondiale pour la défense des Intérêts des albinos, ASMODISA Cameroun au mois de janvier 2003
L.I : Quelles sont les contraintes déjà rencontrées ?
S .G : Les contraintes sont principalement de deux ordres.
Au niveau interne, nous observons un désengagement de certains membres surtout non albinos lié sûrement à la non satisfaction de leurs intérêts inavoués contraires à ceux de l’association.
Au niveau externe, nous relevons l’insuffisance des moyens financiers sans doute liée à l’absence de prise de conscience et la non prise en compte des problèmes des albinos par la communauté nationale et internationale.
L.I :Quelles sont les stratégies mises en oeuvre pour les surmonter ?
S.G : Au niveau interne, nos comptons mener une large sensibilisation à l’intention de nos membres sur le bien fondé de l’association pour qu’ils puissent disponibiliser à celle-ci, ses connaissances, ses capacités et ses compétences.
Au niveau externe, l’association devra effectuer des contacts auprès des bailleurs pour accroître son réseau de partenariat .Elle ne devra pas oublier de mener des actions de lobbying et de plaidoyer à l’endroit de la communauté nationale et internationale pour que celle-ci prenne conscience et prenne en compte les problèmes des albinos.
L.I : Quelles sont les perspectives d’avenir de votre association ?
S.G : Premièrement, nous allons mener une enquête sociologique à travers tout le pays pour identifier les problèmes, les besoins et le nombre des albinos.
Deuxièmement, un séminaire de sensibilisation sur les problèmes des albinos sera organisé à l’intention de la communauté en général et des parents en particulier.
Troisièmement, l’association va lancer un programme d’alphabétisation fonctionnelle des albinos adultes.
Quatrièmement, l’association va initier des activités génératrices des revenus au sein des groupements des albinos pour q’ ils puissent se prendre en charge.
Cinquièmement et en dernier lieu, l’association va créer des réseaux d’échange d’expériences sur la problématique des albinos au niveau national, régional et international.
L.I : Quels sont vos partenaires actuels ?
S.G : Actuellement, notre réseau des partenaires n’est pas dense. Cependant nous comptons parmi ceux-ci :
— Le ministère de la solidarité nationale du genre et des droits de l’homme qui nous accorde des subsides de7OOOOOfbu par an qui servent de frais de fonctionnement de notre association.
— La Ligue Iteka qui a appuyé dans l’organisation d’un séminaire de formation des formateurs en droits DEL’ homme au mois de janvier 2005
— L’existence de bienfaiteurs isolés. Il s’agit de :
* Monsieur, Abdul Aziz Sharif qui a accordé le siège à notre association.
* Monsieur, Sion Nikobiri qui a donné du matériel scolaire à l’entrée scolaire2004, équivalant à
200000fbu
— L’O A P : a accordé du matériel scolaire d’une valeur de 300000fbu en l’ an 2004.
— L’ASMODISA qui assure la prise en charge de membres qui participent à ses assemblées générales.
L.I : Quelles sont vos recommandations à l’endroit du gouvernement actuel ? Des associations de défense des droits de l’homme ? Des parents des albinos ? Des albinos eux mêmes ?
S.G : Nous recommandons à l’endroit
Du gouvernement, de :
-- penser à des projets de lois qui protègent et assurent les droits des personnes marginalisées en général et albinos en particulier ;
-- augmenter les subsides octroyées à notre association.
Des associations de défense des droits de l’homme, de :
-- Aider notre association à mener des action de lobbying et de pladoyer auprès des autorités, de la base au sommet pour une prise en compte des problèmes des albinos dans tous les programmes de développement
Des parents des albinos, de :
— Considérer aux mêmes pied d’égalité tous les enfants qu’ils soient albinos ou pas et assurer leur épanouissement tant social, moral qu’intellectuel
Des albinos eux-mêmes, de :
— Se sentir déterminés et unir leur force pour la réussite de leur combat à l’intégration sociale.
L.I : Monsieur le Secrétaire Général, un mot de la fin ?
S.G :Jusqu’ aujourd’ hui, les problèmes des albinos sont minimisés par tout le monde ; du plus simple aux décideurs de ce pays et leurs droits continuent à être violés qautidiennement dans l’ indifférence totale.
Le travail qui nous attend est donc immense. La clé du succès se trouve dans un partenariat immédiat de tous les intervenants à savoir les parents, les associations de défense de droits de l’homme, les ONGs et le gouvernement.
Demain, il sera trop tard.