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Bullletin ITEKA N° 73 Mai 2005

SITUATION DES DROITS DE L’HOMME

Ces nouvelles sont produites grâce à l’aide financière de l’Union Européenne. Leur contenu relève de la seule responsabilité de la Ligue ITEKA et ne peut être considéré comme reflétant la position de l’Union Européenne

Quelques dérapages lors de la campagne électorale

La campagne électorale pour l’élection des conseillers communaux s’est déroulée du 18 au 31 mai 2005. Elle s’est globalement bien déroulée selon la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) mais elle a été émaillée d’atteintes au droit à la vie et d’autres violations des droits de l’homme.

Deux membres du Parti Frodebu tués à Bubanza

Deux personnes se trouvant à moto et membres du Parti Sahwanya Frodebu sont tombées dans une embuscade lundi le 30 mai 2005 à 15 h lorsqu ’elles venaient d’un meeting à Kiziba et Gahwazi, en commune Mpanda, province Bubanza. Il s’agit de Gasimbo Salomon et Ernest qui sont morts sur place. Les auteurs de ce forfait ne sont pas encore identifiés. Les enquêtes sont en cours.

Des militants du cndd - Fdd maltraitent un membre du Frodebu à Bubanza

Un membre du Frodebu, Sabumutima Prosper, de la colline Gashinga, secteur Ngara, Zone Muramba en commune et province Bubanza a été maltraité par un groupe de dix militants du Cndd-Fdd dont Nyandwi Pascal, chef de la colline Gashinga, Emmanuel Butoyi, Martin... le 23 mai 2005.

Après avoir fixé un arbre servant à hisser le drapeau de son parti, Sabushimike est allé dans une buvette où il a rencontré des militants du Cndd- Fdd. Ils l’ ont battu et l’ont jeté dans un trou où il a passé la nuit du 23 Mai 2005.

La victime avait antérieurement subi une opération de la jambe et en tombant dans ce trou, la jambe s’est encore abîmée. Un voisin, Mayombera, a lui aussi été blessé au visage par les mêmes militants du Cndd-Fdd parce qu’ il tentait de le tirer du trou pour l’emmener à l’hôpital.

Un militant du parti Kaze-Fdd assassiné en commune Muhuta

Les rebelles du Palipehutu-Fnl ont tué par décapitation un homme du nom de Ntamahungiro Jean de Dieu, âgé de 45 ans à Busenge, zone Muhuta, commune Muhuta en date du 25 Mai 2005 à 21h. Il a été arrêté chez lui à Muhuta et a été conduit à Busenge où il a été tué. Il était membre de Kaze-Fdd.

Embuscade contre des militants du parti PARENA en commune Bukirasazi

Un convoi de militants du parti PARENA qui rentraient d’un meeting électoral est tombé dans une embuscade le 23 mai 2005 vers 19h30 au niveau de Kibuye, en commune Bukirasazi, province Gitega. Une personne est morte sur le champs et 2 autres ont succombé plus tard à leurs blessures. Quatre personnes ont été assassinées dans la nuit du 26 Mai 2005 sur la colline de Iteka en commune Nyabi-hanga dans la province de Mwaro et leur corps ont été jetés dans la rivière Kajozi, a-t-on appris de source administrative.

Selon l’administrateur de la commune Nyabihanga, Mababa Clément, les 4 victimes : Batungwanayo Juvénal, son épouse, Ciza Jean et Madame Baryimare Emilienne ont été accusées de pratiquer la sorcellerie par leurs voisins qui les ont lynchées.

Les auteur de cette sale besogne dont les meneurs sont : Ciza Evariste, Ciza Serge et Albéric fils de Nkenyereye ont fui la localité mais la police a mis la main sur l’un d’eux, Albéric.

L’administrateur communal a indiqué qu’il a aussitôt eu des coups de téléphone dès son arrestation lui intimant l’ordre de ne rien lui faire.

Madame Baryimare avait été chassée l’année passée par ses voisins pour la même cause et avait trouvé refuge au chef lieu de la commune Nyabihanga où elle a passé trois mois.

Arrestation d’un présumé assassin en province Cibitoke Dans la matinée du 26 Mai 2005 vers 10h à Rugombo en pro-vince Cibitoke, Niyonzima Fabrice ex-militaire de l’armée nationale a été arrêté par les agents de la police de sécurité publique sur un mandat d’arrêt délivré par le procureur de la République à Ngozi depuis le 23 Janvier 2005.

Par ailleurs, le présumé coupable avait fui vers la province Cibitoke depuis décembre 2004 et il était accusé d’avoir assassiné Bigirumwami Antoine professeur de l’université de Ngozi et Nizigiyimana Théodore, homme d’affaire dimanche le 5 Décembre 2005, vers 19h à Nyaruntana à 12km du chef lieu de Ngozi.

On signalera que le présumé assassin est actuellement incarcéré dans le camp de la police de sécurité publique de Ngozi et que l’audience publique pour ce procès est fixée au 15 Juin 2005 au tribunal de Grande Instance de Ngozi.

FuN

1351 réfugiés rwandais au Burundi rapatriés par force

Dans la matinée du Mercredi 25 Mai 2005, vers 10h, en commune Busiga, province Ngozi, 1351 réfugiés Rwandais installés en zone Mparamirundi ont été embarqués par force dans les camions, en direction de leurs pays, par le commandant de la brigade Mparamirundi. Celui-ci ordonnait à ses hommes de " corriger " quiconque parmi ces réfugiés qui tentait de désobéir à son ordre.

D’après des sources locales à Ngozi, cette attitude de brutaliser les réfugiés n’est pas du tout nouvelle.

En date du 6 Mai 2005 en zone Gatsinda, commune Mwumba, le chef de la position militaire de Gatsinda a battu les Réfugiés avant de les rapatrier aussi par force. L’on signalera à toutes fins utiles que jusqu’en date du 25 Mai, la province de Ngozi comptait au total 7664 Réfugiés repartis comme suit :

-  Zone Mihigo (commune Busiga) : 1474 réfugiés

-  Zone Mparamirundi (commune Busiga) : 1351 réfugiés

-  Site de transit Songore en commune Cankuzo : 965 réfugiés

-  Centre de santé Murehe (commune Marangara) : 2208 réfugiés

-  Zone Gatsinda (commune Muremba) : 1666 réfugiés Il y a également lieu de signaler le cas d’un réfugié qui est mort de faim le même jour du 25 Mai au centre de santé de Murehe en commune Marangara.

Ernest Nkurunziza

Le président de la République du Burundi lance une campagne de désarmement

Le président de la République du Burundi, Domitien Ndayizeye, a lancé une campagne de désarmement lundi le 9 Mai 2005 dans la commune de Gishubi, en province Gitega.

La commune de Gishubi a été choisie parmi d’autres pour le lancement du désarmement de la population civile parce qu’elle est l’une des communes qui a été touchée le plus par la crise.

Le gouverneur de la province de Gitega a révelé qu’il y a beaucoup d’armes détenues illégalement, en témoignent de nombreux cas de vols à main armée dans cette commune.

Le président de la République a indiqué que cette politique de désarmement est inscrite sur le programme de l’Accord d’Arusha et de la signature de cessation des hostilités entre le gouvernement et les mouvements armés.

Il a souligné que personne ne sera puni pour avoir détenu une arme mais par contre celui qui ne la remettra pas aux autorités habi-litées sera puni conformément à la loi.

Il a rappelé aux partis politiques qu’ils n’ont pas le droit de donner des armes à leurs militants. Ces armes sont utilisées pour voler ou pour un règlement de compte et pourraient être utilisées pour intimider la population pendant les élections.

Il a terminé son discours en mettant en garde ceux qui avaient incité la population à ne pas répondre à ces cérémonies du lancement de cette campagne de désarmement.

IM

Un militaire détenu au cachot du camp Mwaro

Un militaire répondant au nom de Nzisabira Julien est détenu au camp Mwaro depuis le 15 Mars 2005. Il serait accusé de viol d’une fille de 8 ans d’un caporal chef du même camp. Selon la victime, il aurait été victime d’un malentendu qui est entre lui et le papa de la fille. Les 2 personnes auraient un différend d’argent.

Il a été interrogé une seule fois en date du 22 Mars 2005 par un Officier de Police Judiciaire de la brigade de Gatare sous la demande du commandant de district, et jusqu’à maintenant, son dossier reste en suspens et il est dans un cachot ferme.

Il réclame que justice soit faite pour qu’il soit rétabli dans ses droits. Ses doléances ont été communiquées à un membre du personnel de la Ligue Iteka à partir du camp Mwaro. Notons que le code de procédure pénale préconise 7 jours de détention préventive et que le parquet doit se prononcer sur la prolongation de cette détention.

Signalons enfin qu’au niveau de la forme, cette personne est injustement traitée et sa culpabilité devrait être établie par les instances judi-ciaires.

JPY

Quatre civils détenus au camp Muha de Bujumbura

Quatre personnes originaires de la zone Mboza en commune Kanyosha, province Bujumbura rural, sont détenus depuis le 5 avril 2005 au camp du 2ème bataillon commando de Bujumbura communément appelé "camp Muha".

Ces personnes sont accusées d’avoir participé à la collecte des aides (vivres et argent) pour le compte de mouvement rebelle Palipehutu-Fnl. Elles sont accusés spécialement d’avoir participé à la collecte des aides une semaine avant leur arrestation dans cette localité.

Selon les accusations des responsables militaires, ces individus sont des combattants de ce mouvement et ont été dénoncés par leurs co-habitants.

Ces gens répliquent en arguant qu’ils ont été pris de force par les rebelles de ce mouvement. Ils n’ont pas nié ces faits au moment de leur arrestation. Les rebelles ont voulu utiliser les mêmes gens qui étaient chargés de la mobilisation de la population qui puisait de l’eau pour le compte des positions militaires de la loca-lité.

C’est la raison même qui aurait poussé les rebelles à les utiliser. Ces détenus déclarent n’être coupables d’aucun acte mais disent qu’ils ont fait ces choses parce qu’ils étaient sous la menace des armes des Fnl.

Ils affirment enfin qu’ils travaillaient tous comme maçons en mairie de Bujumbura.

Signalons que dans la même cachot, d’autres personnes dont 2 jeunes gens travailleurs au couvent des sœurs à Buhonga, y sont détenus depuis le 28 Mars 2005 et sont accusés d’avoir fait le trafic des armes avec quelques militaires de la même position de Buhonga.

JPY

La commissaire du marché Kanyosha démolit un kiosque d’une handicapée

Dans la matinée de 25 Mai 2005, au marché de Kanyosha, zone Kanyosha en Mairie de Bujumbura, l’épouse du chef de zone Kanyosha Mme Nduwi-mana Aline, commissaire de marché à Kanyosha a démoli le kiosque d’une certaine Sakubu Bernadette, handicapée physique de 26 ans.

Celle-ci travaille dans ce marché depuis octobre 2001. Un commissaire de ce temps lui avait cédé une place gratuite pour travailler comme tailleur. Elle a exploité cette place jusqu’en 2004. Quand l’actuelle commissaire est entrée en fonction, elle a interpellé la jeune handicapée pour demander à celle-ci pourquoi elle ne travaillait pas dans le hangar où les autres tailleurs se trouvent.

Sakubu Bernadette a été gênée de répondre qu’elle se trouvait dans l’incapacité physique de monter le grand escalier. Cette question l’avait embarrassée puisque c’était tout a fait évident, vu son handicap réel, qu’elle ne soit pas capable d’accéder à cet endroit.

Quelques jours après, la jeune handicapée a profité d’une occasion lorsqu’une personne vou-lait vendre un téléphone public et quelques produits de boutique dans un kiosque tout près d’elle. Elle a acheté et a ainsi débuté une autre activité de commerce. La commissaire du marché, Mme Aline Nduwimana a commencé ses menaces disant à la jeune handicapée que le marché ne lui appartient pas et qu’elle doit nécessairement redemander la place au marché.

Après, la commissaire a changé de stratégie et commencé à exiger la taxe de 400Fbu à la jeune handicapée ; 200 FBu pour le téléphone et 200 autres pour les produits de boutique. " Cependant nous dit-elle, je n’ai pas rétorqué négativement. J’ai attendu les taxateurs qui ne sont jamais venus ". l

La jeune handicapée a voulu se protéger contre le soleil et a ajouté quelques planches sur son kiosque, mais la commissaire n’a pas été d’accord soi-disant que la commerçante a agrandi son " espace vital ". C’est ainsi que la commissaire a décidé de démolir le kiosque.

Nous avons parlé avec la commissaire. Celle-ci nous a fait entendre qu’elle n’a pas démoli un kiosque d’une handicapée mais que celle-ci travaille pour le compte d’autres personnes qui profitent de l’état de handicap de la jeune fille pour ne pas payer de taxes.

Nous lui avons demandé les preuves de cette affirmation mais la commissaire s’est contentée d’ajouter que la jeune handicapée est par ailleurs très arrogante. Que si elle ne l’était pas, elle aurait approché la commissaire pour lui dire qu’elle allait perfectionner le kiosque. Nous précisons ici que le kiosque se trouve dans le marché et est implanté là depuis bien longtemps.

Nous avons trouvé la jeune handicapée pleurnichant, demandant appui à tout passant et regrettant de vi-vre dans un mon-de qui la dénigre.

Résignée, la femme handica-pée se deman-dait si la commissaire voudrait qu’elle soit une mendiante à la manière d’autres handicapés ! Voici comment, elle nous a livré sa désolation : "Beaucoup de handicapés sont en train de mendier. Moi j’avais essayé d’utiliser mon intelligence pour vivre. Que vais-je devenir aujourd’hui puisque ceux qui étaient censés me protéger commencent à me malmener et à me séquestrer ? "

Au cours de l’entretien avec cette handicapée, elle nous a confié qu’elle avait même le projet d’amener sa machine à coudre dans le kiosque, de chercher aussi un travailleur mais qu’elle a eu peur de le faire compte tenu des relations tendues avec la commissaire.

E N

ACTIVITES DE LA LIGUE ITEKA

La ligue Iteka organise un atelier de validation du manuel sur la Bonne Gouvernance

La ligue burundaise des droits de l’homme Iteka a organisé vendredi le 6 Mai 2005 au Centre de Perfectionnement et de Formation en cours d’emploi de Bujumbura un atelier de validation du manuel sur la Bonne Gouvernance.

Participaient à cet atelier les représentants provinciaux des comités locaux de Bonne Gouver-nance, les présidents des sections de la ligue Iteka et les conseillers des gouverneurs des trois provinces pilotes de Muramvya, Kayanza et Ngozi où ces comités sont implantés.

Le mot d’ouverture de cet atelier a été prononcé par le président de la Ligue Iteka, M. Jean Marie Vianney Kavumbagu. Il a rappelé le contexte dans lequel ce projet a été conçu. Le projet de l’implantation des comités locaux est un programme de l’Etat et la Ligue Iteke est venu le réaliser.

Après le mot d’ouverture, les représentants provinciaux de ces comités locaux de Bonne Gouvernance ont fait un aperçu général de ce que ces comités ont déjà réalisé et les difficultés qu’ils éprouvent dans l’exercice de leur tâche.

Après cet aperçu, l’auteur de ce manuel, Madame Ndikumasabo Annonciate, a présenté le contenu de ce manuel. Le livre comprend 3 parties : le concept de la Bonne Gouvernance, son impact sur la vie du pays et le rôle de la communauté à la base pour l’instaurer et la consolider.

La Bonne gouvernance est caractérisée par la séparation des trois pouvoirs : le judiciaire, l’exécutif et le législatif. L’un des socles sur lequel elle est assise est la démocratie. La bonne gouvernance est le fondement du développement. IM

La Ligue ITEKA organise la 20ème édition du café de presse à Gitega

La Ligue Burundaise des Droits de l’ Homme Iteka a organisé vendredi le 13 Mai 2005 un café de presse à Gitega. Ce café de presse était centré sur le thème : " le comportement des leaders politiques face au verdict des urnes". Beaucoup de représentants provinciaux des partis politiques de Gitega et des membres de la société civile ont participé à ce débat médiatique qui était le premier du genre en province de Gitega.

Au cours des échanges, il est apparu que tout le monde est unanime que les leaders politiques et leurs militants devraient adopter un comportement responsable avant, pendant et après les élections.

Pour le représentant du parti MRC, les élections n’ont rien de mauvais bien que beaucoup de Burundais les associent à des guerres civiles. Pour lui, ce sont de mauvais enseignements que certains leaders politiques donnent à leurs militants qui sont à l’origine des violences qui parfois suivent les élections.

Quant au représentant du Frodebu, son parti se prépare pour gagner les élections et s’ il les remporte, il va gérer le pouvoir collectivement. S’ il les perd, il va s’inscrire dans l’opposition.

Si le verdict est honnête, il va de soi que l’Uprona va le respecter, mais s’il y a tricherie, il va protester pacifiquement comme il l’a toujours fait. De même, le MRC ne va pas prendre les armes s’il y a tricherie mais va gérer politiquement la question.

Certaines personnes de la société civile se sont demandées si les victimes du génocide devraient accepter le résultat des urnes si les élections portaient au pouvoir les auteurs du génocide.

IM

La Ligue ITEKA organise la 21ème édition de son café de presse

La Ligue Burundaise des Droits de l’Homme Iteka a organisé le 26 Mai 2005 à l’hôtel Novotel de Bujumbura la 21ème édition du débat baptisé café de presse sur le comportement des leaders politique face au verdict des urnes.

Les représentants des partis politiques et les journalistes ont estimé que l’environnement d’avant les élections, le comportement au moment des scrutins et la gestion des résultats du vote conditionnent l’acceptation des résultats des urnes.

Ils ont ainsi interpellé les intervenants dans les prochaines élections à assurer une bonne préparation et à garantir le bon déroulement des scrutins pour que le verdict des urnes soit accepté par tout le monde. Les médias ont invités à recouvrir aux éditoriaux pour corriger les délits observés, la police est interpellée pour rappeler à l’ordre ceux qui commettent des délits

Le porte parole du parti Uprona, M. Gérard Nduwayo a plaidé pour un environnement avant, au cours et après les élections qui puisse conduire le Burundi vers une stabilité durable avec des élections justes, libres et transpa-rentes. Le monitoring efficace des élections permettrait de prévenir les irrégula-rités qui pourraient enta-cher les élections et qui pourraient conduire à d’éventuelles contestations. Il faut décourager les militants zélés parce qu’ils peuvent commettre l’irréparable en tuant et en volant.

Certains militants zélés crient la victoire avant les scrutins et excitent les gens. Il faut une procédure judiciaire rapide pour gérer ce genre de cas et sanctionner s’il le faut. Un cadre de concertation devrait être créé par le ministre de l’intérieur chargé de se saisir des conflits qui naissent, de les gérer, selon toujours M. Nduwayo. Les partis politiques devraient eux-mêmes se remettre en cause et sanctionner leurs militants excités et les ramener à l’ordre.

L’ambassadeur Vénérand Bakevyumusaya, membre de la cellule chargée de la centralisation et de la Campagne électorale au sein du parti Frodebu a interpellé les leaders des partis politiques à s’engager à gérer sereinement le verdict des urnes parce qu’en grande partie, c’est de leur position ou de leur comportement que les militants à la base pourront aussi gérer ce verdict. D’après lui, il y a beaucoup d’attentes qui dépendront du comportement des uns et des autres parmi les gagnants et les perdants.

Il a prôné le partage du pouvoir parce que la gestion du pays par un seul parti politique n’est plus possible. Mais pour que les résultats puissent être bons, le départ doit être bon. Il faut veiller au bon déroulement de la campagne, au bon déroulement des scrutins et assurer la bonne gestion des résultats. Il a pourtant minimisé en quelque sorte l’effet du discours propagandiste pour donner le moral aux militants. Après les élections, on appelle les militants à changer de comportement.

Le porte parole du Cndd M. François Bizimana a appelé les perdants des élections à bien gérer la défaite et les gagnants à célébrer la victoire avec tout le monde un associant les autres au partage du pouvoir parce que le programme que le parti présente au cours des élections concerne toute la population.

Pour le bon déroulement des scrutins, le porte-parole du Cndd a proposé que les bulletins de vote soient placés sur une grande table pour permettre au votant de choisir facilement le bulletin de leur choix. Il faudrait aussi vérifier s’il n’y a pas d’urnes parallèles et procéder au décompte des voix le même jour puis qu’il y a des moyens de communications développés.

FN

SOCIETE CIVILE

La société civile mène une campagne d’éducation civique

La Coalition de la société Civile pour le Monitoring des Elections (COSOME) en collaboration avec l’institut sud-africain pour les élections démocratiques (EISA) ont organisé du 9 au 12 Mai 2005 à Bujumbura une formation des formateurs en éducation civique à l’intention de 50 membres de la société civile venus de toutes les provinces du pays.

L’objectif visé par les organisateurs est de sensibiliser la population pour qu’elle adopte un comportement qui favorise des élections paisibles, sereines et qui favorisent les respects des droits de la personne humaine pendant la période électorale.

Selon le porte-parole de la COSOME, Mohamed Nibaruta, il ne faut plus que des personnes s’entretuent, se réfugient ou que certains menacent d’autres à cause des élections. Les élections doivent être un moment de compétition politique, basé sur un programme des partis politiques. Il ne faut pas que les élections soient un moment de développer la haine entre les différents adeptes des partis politiques.

Selon le directeur résident de l’ONG " EISA " au Burundi, M. Joseph Topangu, cette session de formation vise à répondre à la demande faite à EISA par la CENI, le gouvernement Burundais et d’autres partenaires dans le processus de paix visant à participer au renforcement des capacités des burundais à appréhender les concept de civisme et de démocratie pour un meilleur choix de dirigeants et de projet de société.

En tant que membre de la communauté des Nations, le Burundi a tout à gagner à s’aligner sur les principes universels de démocratie et de bonne gouvernance aujourd’hui perçus comme des critères incontournables dans la recherche du bien être collectif des citoyens d’un pays moderne, a-t-il note. Les membres de la société civile formés ont assuré à leur tour une formation le 16 Mai 2005 à l’endroit de trois autres membres de la société civile par commune et ceux-ci ont animé le 18 Mai des réunions publique de sensibilisation au niveau des zones.

D’après M. Nibaruta, à chaque étape du scrutin, il y aura une campagne d’éducation. La COSOME qui avait couvert 5% de bureaux de vote avec 640 observateurs au cours du référendum constitutionnel de février dernier compte couvrir au cours des prochaines élections 30% des centres de vote avec 3.600 observateurs. FN

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